CARTON ROUGE POUR SARKOZY A LA MI-TEMPS
15 mars 2010 par Vincent CARLOTTI
Appartient à A la Une, Corse, Introduction
Le scrutin du 14 Mars est d’abord et avant tout celui de l’inquiétante poussée de l’abstention associée à une tout aussi inquiétante résurrection du Front National.
Cela ne m’empêche pas, cependant, de savourer mon plaisir devant la superbe claque que vient de prendre notre hyperprésident : malgré les contorsions des quelques dirigeants de l’UMP qui ont osé affronter la dure réalité des chiffres sur les plateaux de télévision, la défaite est consommée la descente aux enfers entamée.
SARKOZY aura en moins de trois ans fait plonger la droite dans l’abime comme personne avant lui. Et dire que Bernadette CHIRAC avait surnommé NERON ce pauvre VILLEPIN lorqu’il avait provoqué la dissolution et la défaite d’Alain JUPE.
La gauche est donc aujourd’hui majoritaire dans notre pays. Encore faut il considérer qu’en recueillant 50% des 48% de suffrages exprimée, le capital de sympathie de la gauche dans le pays s’élève en réalité à 24% des électrices et des électeurs.
C’est dire le travail qui reste à accomplir pour qu’en 2012 la gauche présente au pays une offre politique alternative à la hauteur des défis qui nous attendent et s’attache à convaincre nos concitoyens qu’ils peuvent lui faire confiance pour sortir la France de la situation catastrophique ou l’a précipitée l’agitation désordonnée de Nicolas SARKOZY.
En Corse, comme je l’avais exprimé, la gauche est aujourd’hui arithmétiquement majoritaire, pendant que la droite insulaire est à la ramasse.
La victoire au soir du 21 Mars ne fait en conséquence aucun doute: reste qu’il appartiendra aux électrices et aux électeurs, singulièrement parmi les abstentionnistes du premier tour, d’en déterminer l’ampleur, car sur ce plan là au moins rien n’est encore joué.
Sur le plan politique le grand vainqueur est incontestablement le camp nationaliste: avec près de 30% des suffrages on peut affirmer aujourd’hui qu’il vient de poser le pied sur la première marche de l’escalier qui pourrait le conduire à être un jour en situation de gouverner la Corse avec les alliés qu’il choisira de se donner parmi les formations politiques traditionnelles.
Paul GIACOBBI, en s’imposant en tête des quatre listes de gauche a remporté une victoire électorale, même si sa liste est loin de ce qu’il espérait sans doute compte tenu des moyens dont il disposait. C’est donc à lui qu’il appartient de rassembler la gauche et de consolider sinon d’amplifier le résultat du premier tour.
Dominique BUCCHINI a remporté, quand à lui, une vraie victoire politique en obtenant un score à deux chiffres après une campagne remarquée: l’avenir nous dira si c’est le succès d’un homme au charisme incontestable ou si l’on peut y voir un vrai “besoin de gauche”.
Quand à Émile ZUCCARELLI, pour lequel j’ai appelé à voter pour les raisons que j’ai déjà évoqué et sur lesquelles je ne m’étendrai pas , est le grand perdant à gauche, alors que Simon RENUCCI, s’il s’en tire moins bien est arrivé malgré tout à tirer son épingle du jeu.
Le maire de Bastia a subi un échec qui ne restera pas sans conséquences pour la municipalité qu’il dirige en 2014: en refaisant la campagne de 2004 il s’est trompé d’époque et n’a pas pris la mesure des profonds changements qui affectent notre île en ce début du 21ème siècle.


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