Ma part de vérité - Edition du Jeudi 11/03/2010

LA POLITIQUE LE NEZ FIXE SUR LE NOMBRIL

E la Nave va…vogue le navire: c’est ainsi que Frederico FELLINI  a appellé un de ses plus beaux films, un récit désespéré  sur la mort, et sur le naufrage de l’art.

Ainsi va l’Europe, et ainsi va la France, pourrait on dire en écho en lisant les nouvelles - mauvaises- du jour. C’est la Corée du Sud, un petit pays d’Asie qui a gagné le marché du siècle, 40 milliards de dollars, que constitue la construction et l’exploitation des centrales nucléaires d’ABU DHABI et non la France d’AREVA qui se considère pourtant comme la première puissance au monde dans ce domaine.

Ainsi va l’Europe effacée à Copenhague par la Chine et les Etats Unis, incapable de présenter un front uni et cohérent . Ainsi va aussi la France de SARKOZY, tapant de ses petits poings  sur la table comme un enfant gâté pour se faire entendre dans l’indifférence générale.

Au moment ou c’est au niveau de notre continent que doivent de prendre collectivement les décisions qui s’imposent avant que son déclin ne soit irréversible on ne trouve rien de mieux que nous servir un débat affligeant sur l’identité nationale, comme s’il n’y avait rien de plus urgent à faire aujourd’hui.

La France avait besoin d’un homme d’Etat à sa tête dans cette période cruciale. Elle a aujourd’hui à sa tête  un politicien sans envergure qui continue de penser que s’agiter est agir et que l’art de la manipulation, ou il excelle, est la marque d’un grand politique.

Ainsi va la La Corse enfin, qui n’est, disons le franchement, pas mieux lotie. Le chômage y fait des ravages, la pauvreté y est solidement ancrée, les inégalités battent des records ? Sans doute, mais pas suffisamment pour émouvoir nos politiciens entièrement accaparés par leurs chicayas et le nez obstinement fixé sur leur nombril.

Ainsi va la Corse: du moins tant que la France aura les moyens de se payer la danseuse n’est ce pas? Nous aurons, rassurez vous, largement l’occasion d’en reparler.

COPENHAGUE : LA PITEUSE MASCARADE

19 décembre 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, International, Introduction

Il y avait, à l’origine déjà, un gros mensonge, une énorme escroquerie intellectuelle : sous le couvert de “sauver la planète” il s’agissait surtout d’essayer de sauver un mode de vie et un système responsables de la situation catastrophique de plus de deux milliards d’hommes de femmes et d’enfants.

A la sortie le voile se déchire et les masques tombent: il ont sauvé  banquiers et traders fous, les autres, ma foi, ils sauront bien se débrouiller tout seuls !

Les premiers se sont payés en dollars et en  euros sonnants et trébuchants, les autres ont été  payés de mots ronflants et emphatiques,  comme ça tout le monde est content n’est ce pas ?

Il y avait aussi, toujours à l’origine, une stupéfiante muflerie: au lieu de faire semblant de lutter contre un réchauffement climatique contre lequel ils n’y a probablement pas grand chose à faire sinon s’adapter , et étaler complaisamment leur souci de l’humanité, pourquoi les chefs d’Etat ne font ils pas ce qui est à leur portée: arrêter les guerres et les massacres, stopper la course aux armements et détruire les armes nucléaires dont ils sont directement responsables.

Pour le reste qu’ils arrêtent de se moquer du monde. La grotte CASQUER découverte il y a quelques années sur la Cote d’Azur se trouve aujourd’hui à plus de 60 mètres au fond de la mer. Des hommes y vivaient il y un million d’années comme en témoignent les peintures sur les parois. Leurs descendants vivent encore, juste au dessus, ils se sont adaptés, comme se sont adaptées toutes les espèces qui ont survécu à ses convulsions !

La puissance des phénomènes qui ont affecté la Terre dans le passé  comme de ceux qui l’affecteront dans l’avenir sont sans commune mesure avec celle dont l’homme s’imagine disposer et  elle sera encore là quand l’espèce humaine aura disparu, il serait temps qu’il en convienne.

L’échec de Copenhague, prévisible tant ils contrariait d’appétits et d’intérêts, nous aura au moins épargné que Nicolas Sarkozy se précipite à la télévision pour nous expliquer qu’il avait une fois de plus sauvé la planète. Si c’est là le prix à payer pour cet échec et bien malgré moi,  j’assume volontiers.

LA HONTE A DESORMAIS UN PRIX

7 décembre 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Société

Dans la pays ou je vis tout a un prix. Normal, on est en économie de marché que diable, tout s’achète et tout se vend , faut pas rêver comme  dirait notre Président..

Désormais même la honte a un prix: 826 222 Euros, pas un sou de moins. C’est ce qu’a touché Raymond DOMENECH après que Thierry HENRI ait, lui, touché la balle. Rassurez vous, le tricheur a touché lui aussi un joli paquet d’euros, pas loin de 500 000 Euros selon les journaux, une broutille..

Voilà, c’est ça la France aujourd’hui, et, pour parler franchement, je dirais que je ne me sens pas la même “identité nationale” que ces deux là comme disait l’autre humaniste.

Lorsque je siégeais au Conseil Général de Haute Corse, j’avais été le seul à refuser de voter une subvention au SECB, ce qui m’avait bien entendu une volée de bois vert d’un certain nombre d’amateurs de football  et de nombre de mes collègues faut il l’ajouter.

J’avais pourtant expliqué tranquillement que le foot ball professionnel n’était plus à proprement parler un sport mais un spectacle, et que je préférais que l’argent public aille au sport amateur et en particulier à l’accès  au sport des plus jeunes et des plus défavorisés.

Que voulez vous, ça me paraissait évident, et cela me parait encore plus évident aujourd’hui quand je vois ce qui se passe dans ce milieu très particulier du foot professionnel.

La réponse de l’un de mes détracteurs m’avait laissé pantois: laisse tomber tes principes et dis toi bien une chose, quand ils remplissent les stades ils nous foutent la paix !

Panem et circences: du pain et des jeux, c’est ce que servaient les Empereurs du bas empire aux romains de la Rome décadente pour leur cacher leurs turpitudes. C’est fou ce que l’histoire a tendance à begayer vous ne trouvez pas ?

UN VENT NAUSEABOND QUI VIENT DE SUISSE

1 décembre 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique, Société

La Suisse s’était distinguée pendant la seconde guerre mondiale en refusant de s’engager auprès des alliés contre les nazis. Elle s’est ensuite illustrée comme chacun sait dans le blanchissement de l’argent sale de la drogue et de la corruption.

Voilà qu’aujourd’hui elle récidive, comme dirait notre cher Président, en nous offrant le plus gros accès de xénophobie nauséabonde que nous ayons connu depuis longtemps en Europe.

Un vent mauvais nous vient des Alpes et relance partout ou se tapit la bête immonde de la xénophobie,  le racisme le plus violent et le plus irrationnel .

C’est ainsi qu’en Italie, un ministre de Berlusconi réclame que l’on inscrive un crucifix sur le drapeau italien, de manière à affirmer dit-t-il, notre identité chrétienne, pendant qu’aux Pays Bas, en Belgique l’extrême droite réclame un référendum à l’image de la Suisse.

Marine LE PEN, qui retrouve les accents fascisants de son père, -les chiens ne font pas des chats n’est ce pas - n’est pas en reste et réclame un référendum national sur le communautarisme.

SARKOZY et BESSON, les deux apprentis sorciers qui ont cru bon de lancer le débat de l’identité nationale risquent fort de voir le boomerang leur revenir dans la figure. Le vent de Suisse va en effet souffler fort sur les braises et le piège soit disant tendu à l’extrême droite se refermer sur eux.

Le risque qu’ils font prendre à la communauté nationale pour servir leurs minables interets électoraux donne  ainsi, si besoin était, la mesure de ces personnages.

Quant à ceux qui mettent le référendum populaire à toutes les sauces ils feraient bien de  réfléchir  à ses conséquences dès lors que la peur la plus primitive s’empare d’un certain nombre de nos concitoyens au point de leur faire perdre le sens commun.