Ma part de vérité - Edition du Vendredi 12/03/2010

TVA RESTAURANTS: LA GRANDE ARNAQUE

15 août 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Economie

S’il y a vraiment une mesure emblèmatique des décisions autocratiques de Nicolas SARKOZY c’est bien l’affaire de la réduction de TVA consentie aux restaurateurs.

Personne  ne discute le fait que c’est là pour la droite, surtout pour la plus réactionnaire, une clientèle de choix, aussi nombreuse que fidèle en même temps que propagandiste zèlée; tout le monde le sait

Il fallait donc lui faire un beau cadeau  en ces temps de crise ou la versatilité des clientèles les plus fidèles est à craindre. D’autant que CHIRAC n’ayant pas tenu sa promesse c’était une belle occasion de jeter une pierre dans son jardin.

Naturellement personne dans la majorité ni dans l’entourage de Christine LAGARDE ne s’est aventuré à emettre le moindre doute sur l’efficacité économique de cette mesure: quand le maître a parlé le silence s’installe dans les rangs.

Personne non plus pour s’étonner de la lègèreté du contrat passé entre les restaurateurs et le gouvernement: une vague promesse souscrite par la fédération des cafetiers et limonadiers, et en avant toute!

L’INSEE vient tout juste de publier son étude mensuelle  sur l’évolution des prix en France. Résultat des courses pour les prix en Juillet dans le secteur bénéficiaire de la manne sarkozyste: pour les cafés -0,7 % et pour les restaurants -1,3 %.

La baisse de la TVA ayant été de 11,6 % . Moralité, si l’on peut dire, : 10,9 % dans la poche des cafetiers limonadiers, et 10,3 % dans celle  des restaurateurs.

Quant à vous, consommateurs et contribuables, circulez, y a rien à voir , et surtout rien à gratter, sur les sommes  que vous avez pourtant déboursé.

Même à l’UMP, ou l’on suit pourtant le Guide dans la grande tradition des “godillots du général” ça commence à raler sec. A tel point qu’un Député UMP des Alpes Maritimes, sans doute asticoté par ses électeurs, s’insurge.

Il demande, ce fourrier du socialisme, que la mesure soit suspendue et qu’il soit éxigé non pas des organisations professionnelles mais de chaque restaurateur un engagement à baisser ses prix faute de ne pas bénéficier de la mesure.

Il va jusqu’à affirmer, ce gauchiste “Alors que l’immense majorité de nos concitoyens est confrontée à des difficultés économiques importantes il est choquant que l’effort qui est demandé à chacun ne soit pas observé par certains professionnels qui bénéficient pourtant d’une mesure financière favorable”.

Voyez vous ça, il y en a vraiment qui ne doutent de rien à l’UMP ! Il est temps que le Guide quitte  le Cap Nègre et mette les pendules à l’heure!

VOUS AVEZ DIT REPRISE ?

15 août 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Economie, Introduction

Les journaux en distillent la rumeur à longueur de colonnes, les boursicoteurs en frétillent d’avance, les banquiers se frottent les mains, les acrobates de la finance sortent leurs calculettes et madame LAGARDE, jamais en retard d’une approximation prend les poses de la Pythie pour prophétiser la fin de la crise.

Elle pointerait donc son nez, la reprise. Mais au fait la reprise de quoi ? La reprise du business pardi ! Du vrai business bien entendu, celui qui n’a pas besoin de créer d’emplois ni d’activité pour remplir les poches des plus malins…

Pour les autres on verra plus tard, circulez chômeurs c’est pas encore pour vous. Il y a longtemps qu’on vous le rabâche pourtant, c’est dans tous les sermons des évêques depuis la nuit des temps: les derniers seront les premiers, patientez donc, plus vous en baverez ici bas plus vous vous gaverez au paradis! Bien sûr personne  n’en est jamais revenu pour raconter, mais il suffit d’y croire, c’est pourtant simple, non ?

Vous pouvez faire confiance à ceux qui prévoient la sortie du tunnel: ce sont les mêmes qui n’ont rien vu venir quand la crise était à nos portes. Et alors ? Tout le monde peut se tromper non ? Notre ministre des finances, celle  qui semble toujours sortir du coiffeur après son brushing, elle avait pourtant juré que la France ne serait pas touchée par la crise des surprimes: vous croyez qu’après ça elle aurait la décence de la boucler ? Pas du tout: chez ces gens là, braves gens, on n’a pas de pudeur, on ne doute de rien, on pontifie, on nargue;  il parait que c’est ça la classe !

TERRITORIALES: FAIRE SIMPLE POUR GAGNER

10 août 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Introduction, Politique

Dans un entretien au journal La Corse, Nicolas ALFONSI, Sénateur PRG, ouvre le débat des élections territoriales de 2010 à gauche.

La gestion médiocre de la majorité, ainsi qu’il la qualifie lui même, aurait mérité qu’il soit abordé autrement qu’en fermant pratiquement toutes les portes. Mais enfin, restons positifs en ne retenant que la mise sur la table d’un certain nombre de questions qui, aujourd’hui, posent problème à commencer par celles qui concernent sinon  la gauche mais plus sûrement le PRG.

Au delà des questions de personnes, qui ne doivent effectivement pas être exagérées, il existe effectivement au sein de la formation qui domine la gauche en Corse deux sensibilités.

Une sensibilité “conservatrice” plutôt que républicaine comme  la qualifie volontiers Nicolas ALFONSI, et une sensibilité “progressiste” . Dans la première se reconnaissent essentiellemnt les amis du Sénateur de Corse du Sud et du maire de Bastia Emile ZUCCARELLI et d’une certaine façon, les communistes corses. Dans la seconde on retrouve la très grande majorité des socialistes corses, les amis du maire d’Ajaccio Simon RENUCCI et ceux du Député de Haute Corse Paul GIACOBBI.

La réforme du mode de scrutin, voulue par la droite et les “conservateurs de gauche” incite à l’union la plus large pour empocher la prime de 9 sièges qui peut assurer à la liste arrivée en tête au second tour la majorité absolue de l’Assemblée de Corse.

Cela n’exclut par conséquent en aucune manière, comme le précise  d’ailleurs le Sénateur de Corse du Sud,  la présence de deux listes de gauche au premier tour.

Cela n’exclut pas plus, de mon point de vue, un élargissement de la majorité élue pour asseoir la meilleure gouvernance possible d’une collectivité mise à mal par la gestion calamiteuse de la droite, d’autant que la prochaine assemblée ne sera élue que pour 4 ans, et que les réformes qu’exige la situation de la Corse réclament que la prochaine majorité soit assurée d’avoir le temps de les mettre en oeuvre.

Encore faut il que soient affichés un certain nombre de préoccupations et  de comportements simples:

  1. Entre les listes de gauche, si elles sont bien basées sur les sensibilités évoquées plus haut, un accord clair et public sur la fusion des listes autour de celle arrivée en tête au premier tour et un pacte de non agression entre les protagonistes, afin d’assurer aux électeurs de gauche que l’élection ne leur sera pas volée une fois de plus et que la Corse ne soit pas livrée pour 4 ans encore à une droite dont on connait le bilan et les projets.
  2. En cas de victoire de la gauche qui lui assurerait au second tour la majorité, forcement réduite, des sièges le souci d’associer au gouvernement de l’île celles et ceux qui auront affiché au cours de la campagne des valeurs et des projets dans lesquels les électrices et les électeurs de gauche, dans leur diversité, se reconnaissent.
Si d’aventure les électrices et les électeurs plaçaient la gauche en situation d’assumer le pouvoir à l’Assemblée de Corse, et que ses atermoiements, ses divisions, la mettaient une nouvelle fois hors jeu, il y a fort à parier que le retour de bâton serait à la mesure de leur  déception pour ceux qui en seraient rendus responsables.
Je reste quant à moi persuadé, comme tous les socialistes, que la raison, et le sens de l’interet général l’emporteront, et que la gauche se retrouvera , quel que soit le scénario électoral, en ordre de bataille à la rentrée.
Je ne veux pas imaginer qu’il en soit autrement et je veux croire que personne à gauche, par mi les responsables, n’est prêt à rejouer le film catastrophe de 2004.

LES CHAROGNARDS SONT DE RETOUR

5 août 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Economie, Introduction

Cela fait un bon bout de temps que l’on n’entend plus notre omni Président. Serait il à ce point malade? Nous aurait on caché quelque chose après son accident cardio vasculaire?

Il aurait pourtant de quoi s’exprimer Nicolas, car les sujets ne manquent pas qui seraient aptes à soulever cette belle indignation qui lui fait prendre parfois la posture de Jaurès, de Gambetta voire  de Karl Marx ou de Che Guevara ! Posture verbale, tout de même, n’affolons pas NAP - Neuilly Auteuil Passy pour les non initiés.

Passons sur le faux pas médiatique de son ministre de l’agriculture sur le dossier du remboursement des aides aux producteurs de fruits et légumes: le brave JEGO, qui avait fait son courageusement boulot a pourtant été viré comme un domestique au Cap Nègre pour des broutilles.

Revenons plutôt sur la déclaration embarassée des dirigeants de PARIBAS reconnaissant que la banque a provisionné 1 milliard d’Euros pour récompenser ses traders pour leurs bons résultats.

En 1788, Marie Antoinette à laquelle  on expliquait que les femmes secouaient les grilles du Chateau parce qu’elles n’avaient plus de pain répliquait vertement qu’elles n’avaient qu’à manger de la brioche, à la suite de quoi  il y en a qui se sont retrouvés la tête au bout d’une pique, convenons en, pour moins que ça !

Bon, le Cap Nègre n’est - pas encore- Versailles et Nicolas soigne trop sa communication pour se permettre ce dérapage d’un autre âge.

Alors nous dirons seulement que son silence est éloquent, c’est plus charitable, et puis, enfin, nous sommes en République saperlipopette !

LE RENARD ET LE POULAILLER OU LES POULES SONT LIBRES.

4 août 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Economie, Introduction

Voilà que Bruxelles réclame aux arboriculteurs le remboursement des aides accordées par la France pour leur permettre de reconvertir leurs exploitations durement touchées par la crise il y a près de 10 ans.

Le nouveau ministre de l’agriculture, Bruno LE MAIRE s’en est donc allé expliquer aux interessés qu’il fallait se résoudre à passer à la caisse. Il y en aurait semble-t-il pour près d’un demi milliard d’euros.

Farouchement ancré à droite, le monde agricole accuse le coup: ce n’est pourtant pas la première fois que les agriculteurs sont cocufiés par les politiciens qu’ils soutiennent: il faut croire qu’ils aiment ça! Il y a des gens comme ça : dans certains milieux on les qualifie de masochistes…

Comme pour en rajouter une couche leur ministre se pavane sur les plateaux de télévision revêtu de probité candide: je suis honnete, explique t-il car je ne dissimule pas à mes ouailles qu’il leur faudra s’exécuter. Nul doute que à la prochaine crise monsieur le ministre proposera, en même temps que le versement des aides un plan de remboursement de ces mêmes aides. Chiche ?

Il est vrai qu’il y avait, entre temps, quelques élections un peu délicates que la vérité aurait probablement compromises.

Ces aides auraient introduit, selon Bruxelles, d’inacceptables distorsions de concurrence sur le marché européen des fruits et légumes. Quant aux distorsions de concurrence introduites par les considérables disparités salariales entre pays de l’Union, la commission s’en lave les mains: cette question ne relève pas des compétences de la commission déclare son porte parole.

ne parlons même pas des distortions introduites par la délocalisation des productions en Asie. La production de cornichons, par exemple, dont la France est un des plus gros consommateurs est à plus de 90% délocalisée par les industriels de la filière en Inde.

Le cornichon, fragile, est cueilli à la main. Salaire d’un ouvrier indien : 40 € par mois! Mais cette question n’est pas, bien sûr, de la compétence de la commission !

L’obsession maladive des dirigeants européens à célébrer  la sainte concurrence n’est pas nouvelle et le prurit qui les saisit périodiquement à ce sujet n’est pas une surprise.

Chiche que Bruxelles va exiger des constructeurs automobiles, voire des banques et des organismes financiers qu’ils s’exécutent de la même manière eux qui ont reçu des aides autrement plus colossales !

Chiche également que Mrs BAROSO et consorts vont vite fait bien fait mettre de l’ordre dans la grande distribution ou trois ou quatre multinationales étranglent les producteurs sans que les consommateurs y trouvent pour autant leur compte!

Vous n’y croyez pas ? Confidence pour confidence moi non plus, et tant pis pour les agriculteurs apotres de la libre entreprise qui n’ont pas encore appris que si le libéralisme c’est la liberté, c’est d’abord et surtout la liberté du renard laché dans le poulallier ou les poules sont libres …

BANQUES : ON EFFACE TOUT ET ON RECOMMENCE !

3 août 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Economie, Introduction

Jacques ATTALI est, chacun le sait, un esprit libre. On peut ne pas être toujours d’accord avec lui, ne pas partager sa façon de présenter les choses ni sa vision du monde. Force est cependant de reconnaitre, aussi bien à travers ses écrits qu’au gré de ses différents interventions dans la sphère politique économique ou  sociale qu’il exprime toujours sans détour ses points de vue.

Celui qu’il livre aujourd’hui est particulièrement inquiétant dans l’article qu’il vient d’écrire dans le webzine slate .fr intitulé ” Banques, le triomphe des coupables “.

Ainsi il écrit : alors qu’après 1929, des réglementations très strictes ont été imposées aux banques américaines, aujourd’hui,  rien n’est imposé à  personne. Le G20 n’aura été qu’une jolie comédie. De plus, Wall Street continue à disposer de considérables moyens d’influence.  Des lobbys bancaires, fort bien dotés, arrosent le Congrès.  Et les  banquiers, devenus ministres ou superviseurs, réussissent à écarter toutes les législations qui pourraient gêner leurs ex et futurs employeurs.

En particulier, explique t-il une seule banque tient tout: Goldman Sachs. après avoir profité des faillites dee ses concurrents  faillites et reçu de l’Etat d’énormes prêts sans intérêt, elle fait aujourd’hui fortune grâce à des décisions prises par Geithner, Summers, et les autres, dont chacun sait  qu’ils  rejoindront un jour la firme , après avoir quitté leurs fonctions,  comme le firent avant eux les ministres des précédents présidents, Rubin, Paulson etc..

Au total,  les entreprises industrielles, qui créent les vraies richesses, financent les erreurs et les bonus des banquiers, avec la bénédiction des hommes politiques. Et en bout de chaine, les salariés en sont les ultimes victimes: les banques  américaines  enfoncent dans la dépression ceux qu’elles ont déjà largement ruinés.

Ces lobbys sont si puissants qu’on n’en sortira que par une révolution politique. Elle devrait conduire,  au moins, à interdire aux responsables publics du secteur financier de travailler ensuite dans les établissements qu’ils contrôlent. Et au plus, à nationaliser ce secteur.  Une révolution, vous dis je.

Difficile de le dire plus clairement: l’avidité des milieux financiers ne connait aucune limite et le cynisme de ceux qui ont conduit la planète au bord du gouffre dépasse tout ce que l’on pouvait imaginer.

En corollaire, la veulerie des gouvernants n’a d’égal que leur inconséquence qui conduisent leurs peuples au désastre pour peu que la rapacité des banques leur concède quelques lambeaux de leur pouvoir et les laisse se parer des oripaux élimés de la puissance qu’ils sont les seuls à vraiment détenir.

Relire, pour voir ou cela pourrait nous mener, “Une brève histoire de l’Avenir” du même Jacques ATTALI et, surtout, ouvrir les yeux , avant qu’il ne soit trop tard, sur l’incroyable imposture que les  marionettes du G20 jouent sur la scène mondiale.