Ma part de vérité - Edition du Samedi 04/09/2010

POLITIQUE ET BLOGS EN CORSE

25 avril 2009 par Vincent CARLOTTI  
Présent dans A la Une, Corse, Introduction

La télévision régionale s’interesse au développement des Blogs en politique, et c’est une très bonne chose. En effet comme je l’ai déclaré lors de mon entretien avec le journaliste de la station régionale , le WEB a, entre autres, le mérite de sortir la politique du getho dans lequel la classe politique l’a trop longtemps enfermée.

Nous ne sommes plus en effet au temps ou la politique s’enfermait dans les préaux des écoles ou le public convaincu d’avance venait écouter et applaudir celui qui venait lui délivrer son message: il faut renouveller la pratique militante, et Internet a un rôle d’autant plus interessant que, contrairement à la radio, la télévision ou la presse écrite, c’est un média totalement incontrôlable.

Il a d’ailleurs été créé pour être incontrolable, il ne faut pas l’oublier. lorsque l’armée US a mis au point ARPANET, l’ancêtre d’Internet, le cahier des charges spécifiait qu’il devait être impossible pour l’ennemi de s’en assurer le contrôle afin que les messages militaires puissent passer en toutes circonstances. Il faut donc s’en féliciter aujourd’hui: quelles que puissent être ses tares et ses dangers, Internet a au moins cette qualité, qui vaut de l’or en sarkoland…

Editer un Blog politique n’est pas pour autant une sinécure et peut même s’avérer un tantinet dangereux. C’est ainsi que l’innéfable Marie Jeanne BOZZI m’avait il y a peu cité à comparaître devant le tribunal correctionnel d’Ajaccio pour avoir, selon elle, profèré des injures à son égard. 

Je n’avais pourtant rapporté que quelques uns des  faits d’arme qui ont jalonné son parcours, ce qu’elle considère en conséquence comme injurieux.

Elle a, bien naturellement et fort heureusement, perdu son procès: reste que la leçon de cette histoire est que l’éditeur d’un Blog politique doit, à l’instar des éditeurs de la presse écrite ou radio télévisée, faire très attention à ce qu’il publie.

Les journalistes de France 3 ont considéré, quant à eux, que mon Blog méritait d’être cité à l’antenne, ce dont je les remercie vivement ici.

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EN FINIR AVEC LES MANAGERS RAPACES

Le Président de la République possède un art consommé du double langage: déclarations fracassantes sur les trétaux, et mesurettes en coulisse.

Stocks-options, par exemple. Elles  ont été instituées à l’origine pour permettre aux start ups de rémunérer leur cadres en tirant, par ce biais, des traites sur l’avenir de leur entreprise.  Elles sont essentiellement destinées à la spéculation individuelle scandaleuse  à laquelle se livrent les dirigeants des groupes du CAC 40 dont la  cupidité confondante dépasse l’entendement et génère la révolte.

Pas question pour autant d’y mettre fin, pas question en effet de faire la moindre peine aux amis du Fouquet’s. 

Bouclier fiscal, encore. Pas question de le remettre en cause, malgré la grogne grandissante au sein même de la majorité. Comment comprendre, comment accepter que la seule catégorie sociale qui se voit reconnaître une protection législative contre toute contribution supplémentaire à l’effort commun soit précisément celle qui a le plus bénéficié de la folie du système, celel qui a précipité le monde dans un abîme dont on ne conait pas le fond ?

Comment tolèrer que  0,01 % des salariés les mieux payés aient vu leurs revenus croître de plus de 70% entre 1998 et 2006 , alors que ils ont à peine augmenté de 1% pour 90% des salariés ? 

Pourquoi ne pas fixer, par la loi, et dans chaque entreprise, un écart maximum de l’ordre de 1 à 30 entre la part des salariés le mieux payés et ceux qui sont au plus bas de l’échelle, ce qui est tout de même déjà considérable ?

Qu’on ne vienne pas me dire que cela aggraverait cet égalitarisme quidonne des boutons  à Nicolas Sarkozy. On retrouverait tout simplement la situation de l’éventail des rémunérations des  des années 1980. 

Aucune  société ne peut supporter longtemps un écart  aussi considérable, aussi indécent,  entre les rémunérations.  La hiérarchie des revenus est l’indicateur le plus pertinent de sa cohésion.

Quand l’ascenseur social est en panne depuis aussi longtemps que dans notre pays, rien n’est plus indispensable, rien n’est plus urgent, que de remettre des barreaux sur l’échelle, pour faire descendre ceux qui se sont juchés trop haut et pour faire remonter ceux qui ont glissé.

On en finirait ainsi avec ces managers cupides dont la plupart se trouvent parachutés à la tête de groupes importants avec comme seul objectif d’augmenter leur valeur boursière et d’empocher pour cela de confortables rémunérations de leurs actionanires.

A ceux qui avancent que, mal traités, ils partiraient à l’étranger, disons chiche ! qu’ils aillent se faire pendre ailleurs…