Ma part de vérité - Edition du Samedi 13/03/2010

UN VENT NAUSEABOND QUI VIENT DE SUISSE

La Suisse s’était distinguée pendant la seconde guerre mondiale en refusant de s’engager auprès des alliés contre les nazis. Elle s’est ensuite illustrée comme chacun sait dans le blanchissement de l’argent sale de la drogue et de la corruption.

Voilà qu’aujourd’hui elle récidive, comme dirait notre cher Président, en nous offrant le plus gros accès de xénophobie nauséabonde que nous ayons connu depuis longtemps en Europe.

Un vent mauvais nous vient des Alpes et relance partout ou se tapit la bête immonde de la xénophobie,  le racisme le plus violent et le plus irrationnel .

C’est ainsi qu’en Italie, un ministre de Berlusconi réclame que l’on inscrive un crucifix sur le drapeau italien, de manière à affirmer dit-t-il, notre identité chrétienne, pendant qu’aux Pays Bas, en Belgique l’extrême droite réclame un référendum à l’image de la Suisse.

Marine LE PEN, qui retrouve les accents fascisants de son père, -les chiens ne font pas des chats n’est ce pas - n’est pas en reste et réclame un référendum national sur le communautarisme.

SARKOZY et BESSON, les deux apprentis sorciers qui ont cru bon de lancer le débat de l’identité nationale risquent fort de voir le boomerang leur revenir dans la figure. Le vent de Suisse va en effet souffler fort sur les braises et le piège soit disant tendu à l’extrême droite se refermer sur eux.

Le risque qu’ils font prendre à la communauté nationale pour servir leurs minables interets électoraux donne  ainsi, si besoin était, la mesure de ces personnages.

Quant à ceux qui mettent le référendum populaire à toutes les sauces ils feraient bien de  réfléchir  à ses conséquences dès lors que la peur la plus primitive s’empare d’un certain nombre de nos concitoyens au point de leur faire perdre le sens commun.

Commentaires

4 commentaires on "UN VENT NAUSEABOND QUI VIENT DE SUISSE"

  1. Nemo on mar, 1st déc 2009 8:00 

    La France aussi, il me semble, s’est distinguée pendant la seconde guerre mondiale !
    Vichy et Drancy ne sont pas en Suisse. Pétain, Laval, Doriot n’étaient pas Suisses.
    Donc sur ce plan, nous n’avons aucune leçon à donner aux Suisses.
    Les Suisses ont voté. Une majorité s’est prononcée. Que l’on approuve ou non ce choix, la démocratie exige que l’on accepte ce qui est sorti des urnes. A moins que l’on ait de l’expression démocratique une vue à géométrie variable, en fonction du résultat espéré.
    En condamnant l’ensemble des Suisses, vous condamnez également ceux qui ont dit non au référendum. Votre amalgame entre les banques et le peuple suisse manque pour le moins de discernement. En condamant l’ensemble des Suisses, vous tombez dans le travers xénophobe que vous dénoncez.
    Vous nous avez habitué à plus d’objectivité, Monsieur Carlotti.

  2. Kme on mar, 1st déc 2009 11:43 

    Il n’y a qu’à faire comme pour le traité de Lisbonne, puisqu’il est appliqué sous peu, il n’y a qu’à ignorer la décision du peuple, passer outre, laisser croire à. Il suffit de parler d’incompréhension, de peurs injustifiées, de nécessité politique, de parler d’accord entre les peuples, il suffira de tamiser, de construire des minarets, oui mais plus courts, plus aux normes européennes, à des endroits où on ne les voit pas vraiment. Peu importe que les Suisses aient eu raison, peu importe que les autorités suisses aient jugé votable cette question, les suisses ont la “chance” d’avoir un parti qui ne laissera pas passer une décision du peuple, si on ne la respecte pas. Et lorsqu’on ne respecte pas le peuple, lui, aux prochaines élections, votera avec rancune à n’importe quelle question ou enjeu. Observez comment la démocratie meurt, désormais, on ne vote plus pour un candidat, mais contre lui, ses idées ou son parti. Les journalistes qui se lamentent sur cette décision, de même que les politiques, en croyant défendre la démocratie, la tuent. La première pelletée aura lieu à Lisbonne. J’imagine que le débat sur les minarets en Suisse était faussé d’avance à coup de sondages, de polémiques, de culpabilisation par le racisme, de supplication à la tolérance, d’ignorance des causes réelles de l’islamisme, et surtout d’ignorance des causes de l’hostilité à cette religion. Il n’y a qu’à synthétiser un peu les discours sur cette décision, larmoyants, énervés et effrayés, de journalistes et de politiques, comme si l’électeur était un polisson indiscipliné qui va mettre l’anarchie la gentille famille européenne, pour commencer à situer le problème d’un vote à ce point conservateur.

  3. Vincent CARLOTTI on mar, 1st déc 2009 13:13 

    En réponse à Nemo.

    J’ai sans doute un peu vif et me suis laissé emporter par la passion, vous avez raison. Je serai à l’avenir plus attentif et je vous remercie de votre intervention; elle me servira de leçon. En définitive je crois que ce qui m’a conduit à laisser la passion l’emporter sur la raison c’est la crainte de voir cette affaire lancer dans notre pays un débat qui pour moi n’a pas lieu d’être, à la faveur de celui ouvert par BESSON. Espérons que je me sois trompé!

  4. Vincent CARLOTTI on mar, 1st déc 2009 13:21 

    En réponse à Kme.

    Une chose est de respecter la décision du peuple, et vous faites bien de le souligner. Une autre chose est de veiller à lui poser les bonnes questions si l’on veut que sa réponse soit aussi éclairée que possible. Je me méfie comme vous des sondages car leur résultat dépend pour l’essentiel de la manière dont les questions sont présentées. Quant à la démocratie, elle n’est efficace à mon sens que si on donne aux citoyens le minimum d’éducation civique afin qu’ils puissent apprécier les conséquences de leur vote: quand l’éducateur est TF1, pour ne citer que cette chaine de TV, on court en effet de grands risques!

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