Ma part de vérité - Edition du Mardi 07/02/2012

DES LENDEMAINS QUI GRINCENT…

30 novembre 2009 par Vincent CARLOTTI  
Appartient à A la Une, Economie, Introduction

Que la crise financière ne soit pas terminée est une évidence: le seul fait que Dominique STRAUSS KHAN, Directeur du FMI, et tenu de ce fait à une certaine réserve, ait indiqué à Paris  qu’il resterait près de 50% de créances pourries dans le bilan des banques en est une indication à méditer.

Mais au fond là n’est pas le problème, car si la crise financière est un facteur  déterminant de la crise économique qu’elle a déclenché, elle n’en est pas la cause la plus importante.

La première cause de ce maëltrom  économique  est le crédo néo-libéral  que  le salaire n’est rien d’autre qu’un coût qu’il faut tuer, comme le proclamaient les fameux ” killer cost” embauchés à grands frais par nos grandes entreprises à partir des années 80. C’est cela qui a entrainé les entreprises à délocaliser leur production, c’est bien connu, mais c’est cela surtout qui a poussé les banques à substituer le crédit aux revenus du travail pour  que la machine économique puisse continuer à tourner .

Les dirigeants des pays développés le savent: ils mesurent  la responsabilité du libre-échangisme néo-libéral dans la crise mondiale, mais pour en avoir  été les dévots, ils ne peuvent se résoudre à le mettre en cause. Tant qu’ils ne prendront pas le taureau par les cornes pour stopper net la financiarisation de l’économie et rétablir l’équilibre entre les salaires et les revenus du capital les racines de la crise, toujours vivantes, la feront resurgir encore plus ravageuse.

Le semblant de reprise qui nous est avancé  provient de l’argent injecté par les états dans l’économie auprès des banques et dans les plans de relance. Les plus sérieux des économistes s’interrogent sur ce qui se passera lorsque les effets de cet afflux de capitaux commenceront à s’estomper.

En France, la politique du “stop and go” de Nicolas SARKOZY promet à ses successeurs des lendemains qui grincent car de deux choses l’une:

- ou bien l’Etat continue à s’endetter pour soutenir la croissance et il se rapproche de la faillite

- ou bien l’Etat décide que la priorité est au remboursement de la dette et le chômage explose.

Sauf à imaginer une prise de conscience mondiale que la croissance telle que l’on l’a connue n’est plus la solution, mais le problème, et qu’un autre modèle est à promouvoir, on n’est pas sortis de l’auberge…

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