PS: LE DEFI DE LA REFONDATION
8 juin 2009 par Vincent CARLOTTI
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Décidemment Dany le rouge comme l’appelaient les gaullistes en 1968 est inoxydable: à croire que finalement c’est bien dans les vieux pots que se mijotent les meilleures soupes !
Europe Ecologie qu’il a largement contribué à tirer vers le haut, est le seul vrai vainqueur d’une consultation toute en trompe l’oeil.
Trompe l’oeil ou trompe couillon,comme  on le voudra. L’UMP, par exemple dont l’état major laissait hier éclater bruyament sa joie sur les écrans apparait, bien à l’abri d’un scrutin à un seul tour, comme  brillant vainqueur. Imaginez seulement qu’il y ait, le dimanche suivant, un second tour ? On se demande ou l’UMP pourrait bien trouver  les réserves qui lui permettraient de consolider cette  ”victoire”.
La Gauche de gouvernement, dont  chacune des listes a été dépassée plus ou moins largement par Europe Ecologie, se retrouverait quant à elle sans doute en tête dans le même cas de figure car elle est majoritaire si l’on veut bien considérer que, malgré l’abstention massive, les suffrages exprimés constituent un échantillon suffisant  pour l’affirmer.
Le PS apparait ainsi défait pendant  que son camp progresse nettement, et ce n’est pas le moindre des paradoxes que cette élection fait apparaître.
Le plus préoccupant n’est pourtant pas là : il est dans la déconfiture, dans toute l’Europe, à part de Danemark et la Grèce, des partis sociaux démocrates et socialistes. Comment est il possible que les européens aient choisi de faire confiance aux libéraux dont la politique les a plongés dans une crise majeure et meurtrière ?
Répondre à cette question est, je le crois vraiment, vital, au sens propre du terme pour la gauche de gouvernement en Europe.
Une partie de la réponse se trouve sans doute dans le comportement de ces partis au cours des  dernières années. La chute du communisme leur offrait la possibilité de mettre au point, au niveau du continent, la réponse social démocrate et socialiste aux grands défis du vingt et unième siècle. Ils ont tous choisi, sans exception, de se nicher confortablement dans le sillon de la mondialisation libérale.
Souvenons nous, à l’extrême, de Tony BLAIR, chantre du social libéralisme, membre de l’Internationale Socialiste, co-présidant en France un meeting politique avec Nicolas SARKOZY et échangeant avec lui avec une cynique indécence force compliments à la tribune.
Le Parti Socialiste est face à un immense défi, dont il ne sortira pas avec des mesurettes. Il est né de la mort de la SFIO dont la cadavre pourrisait lentement avant que François MITTERRAND ne l’achève et ne le fasse, dans la foulée, renaître de ses cendres.
Trente quatre ans après c’est le même défi auquel sont confrontés Martine AUBRY et la direction du PS. Arnaud MONTEBOURG et Aurélie FILIPPETTI ont eu raison de poser la question d’une refondation non pas du seul PS, mais à travers à la création du Parti de toute la gauche de gouvernement, du PC au Verts de COHN BENDIT.
Au fait, n’est ce pas ce qu’avait réalisé MITTERRAND ? C’est bien en agrégeant  aux troupes de la SFIO la Convention des Institutions Républicaines, le CERES de Chevênement, les Clubs de Charles HERNU et de Jean POPEREN, et plus tard le PSU de ROCARD, bref toutes les familles  du socialisme, à l’exception des communistes alors inféodés à Moscou, qu’il a mis au point la formidable machine qui a transformé avec lui la France.
Mais prenons garde de ne pas oublier  que rien n’aurait pas été possible s’il ne s’était  pas en même temps attaché  à articuler cette refondation autour d’un projet politique sans lequel les français ne nous auraient pas accordé par la suite la confiance qu’ils viennent de nous retirer brutalement.


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