Ma part de vérité - Edition du Mardi 07/02/2012

EN FINIR AVEC LES MANAGERS RAPACES

Le Président de la République possède un art consommé du double langage: déclarations fracassantes sur les trétaux, et mesurettes en coulisse.

Stocks-options, par exemple. Elles  ont été instituées à l’origine pour permettre aux start ups de rémunérer leur cadres en tirant, par ce biais, des traites sur l’avenir de leur entreprise.  Elles sont essentiellement destinées à la spéculation individuelle scandaleuse  à laquelle se livrent les dirigeants des groupes du CAC 40 dont la  cupidité confondante dépasse l’entendement et génère la révolte.

Pas question pour autant d’y mettre fin, pas question en effet de faire la moindre peine aux amis du Fouquet’s. 

Bouclier fiscal, encore. Pas question de le remettre en cause, malgré la grogne grandissante au sein même de la majorité. Comment comprendre, comment accepter que la seule catégorie sociale qui se voit reconnaître une protection législative contre toute contribution supplémentaire à l’effort commun soit précisément celle qui a le plus bénéficié de la folie du système, celel qui a précipité le monde dans un abîme dont on ne conait pas le fond ?

Comment tolèrer que  0,01 % des salariés les mieux payés aient vu leurs revenus croître de plus de 70% entre 1998 et 2006 , alors que ils ont à peine augmenté de 1% pour 90% des salariés ? 

Pourquoi ne pas fixer, par la loi, et dans chaque entreprise, un écart maximum de l’ordre de 1 à 30 entre la part des salariés le mieux payés et ceux qui sont au plus bas de l’échelle, ce qui est tout de même déjà considérable ?

Qu’on ne vienne pas me dire que cela aggraverait cet égalitarisme quidonne des boutons  à Nicolas Sarkozy. On retrouverait tout simplement la situation de l’éventail des rémunérations des  des années 1980. 

Aucune  société ne peut supporter longtemps un écart  aussi considérable, aussi indécent,  entre les rémunérations.  La hiérarchie des revenus est l’indicateur le plus pertinent de sa cohésion.

Quand l’ascenseur social est en panne depuis aussi longtemps que dans notre pays, rien n’est plus indispensable, rien n’est plus urgent, que de remettre des barreaux sur l’échelle, pour faire descendre ceux qui se sont juchés trop haut et pour faire remonter ceux qui ont glissé.

On en finirait ainsi avec ces managers cupides dont la plupart se trouvent parachutés à la tête de groupes importants avec comme seul objectif d’augmenter leur valeur boursière et d’empocher pour cela de confortables rémunérations de leurs actionanires.

A ceux qui avancent que, mal traités, ils partiraient à l’étranger, disons chiche ! qu’ils aillent se faire pendre ailleurs…

Commentaires

Laissez un commentaire sur ce billet.
Notez vos impressions, vos remarques, ...