SARKOZY EN IRAK: UN DEPLACEMENT SURREALISTE
10 février 2009 par Vincent CARLOTTI
Appartient à A la Une, Introduction, Questions sociales
Ainsi notre “Speedy Président” est aujourd’hui en Irak. L’inénarable porte parole et porte flingue de l’UMP Frédéric LEFEBVRE nous explique que c’est là sa place car la France doit se manifester sur tous les terrains ou sa présence lui semble indispensable.
Ce déplacement, sans doute dicté par le souci constant de l’Elysée de montrer combien notre guide suprème est dynamique et doué d’ubiquité, n’est pas seulement inutile, il est proprement indécent.
C’est en Guadeloupe que Nicolas SARKOZY aurait du se rendre, car ce qui se passe là bas est suffisament grave pour qu’il daigne y consacrer quelques heures de son temps au lieu de le consacrer à paufiner son image internationale.
Les Antilles vivent encore aujourd’hui une situation coloniale: 160 ans après l’abolition de l’esclavage, les descendants des colons, que l’on appelle là bas “Békés”, qui représentent un peu plus de 1 % de la population, possèdent à peu près 90 % des richesses de la Guadeloupe, et les  dirigeants économiques sont quasiment tous blancs.
Les terres les plus fertiles, les banques, la grande distribution, les concessions automobiles, la distribution de produits pétroliers sont entre leurs mains. Les profits scandaleux des compagnies pétrolières, que le Ministre JEGO assimilait la semaine dernière à un enrichissement sans cause  pouvant justifier une action judiciaire à leur encontre meritent pour le moins que l’on s’en préoccupe avant que la situation ne devienne incontrolable.
Lors de l’intervention télévisée de Nicolas SARKOZY jeudi dernier, pas un mot sur la situation en Guadeloupe. peut on imaginer qu’un conflit de cette ampleur en Bretagne ou en Corse n’aurait pas été évoqué ? Ce silence assourdissant a gravement bléssé les antillais, à juste titre, d’autant que dans ce genre d’exercice ou les questions sont préparées il est très probable qu’il ait été demandé aux journalistes par l’Elysée de ne pas évoquer le conflit antillais!
L’incendie qui s’est propagé de la GUADELOUPE à la MARTINIQUE pourrait malgré la distance atteindre les banlieues ou les antillais, qui ont ressenti comme leurs parents insulaires le mépris du pouvoir, peuvent compter sur la solidarité de ceux qui en sont, en métropole, également victimes.
Cette fois ce n’est pas en déplaçant le Préfet, voire en révoquant un Ministre qu’il n’aurait pas jugé à la hauteur de la situation que le Président s’en tirera. Il va falloir qu’il mouille vraiment la chemise, et le terrain est miné.
Â
Â
Â
Â


Commentaires
Laissez un commentaire sur ce billet.
Notez vos impressions, vos remarques, ...