CTC : UN DEBAT DE TROP ?
24 décembre 2008 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, Corse, Introduction, Politique
C’est à l’occasion d’un débat sur la PADDUC que s’est glissé, à l’Assemblée de Corse, un autre débat, à mon avis superflu sur les conditions dans lesquelles la Presse Internet a rendu compte des conditions d’élaboration du document.
La déclaration de Jean Martin Mondoloni, chef du groupe UMP  enjoignant l’Assemblée à la solidarité face aux «affabulations calomnieuses d’un obscur organe de presse au contenu sulfureux et racoleur », en l’occurence Amnistia.net,  le site d’une société de Presse, a déclenché une avalanche de commentaires défavorables sur les Webzines, en particulier Bakchich.info, et Mediapart.fr.
Amnistia.net s’en est en effet pris à trois hauts responsables de l’UMP et de la CTC, dont le Président de l’Executif Territorial, Ange Santini , le Président de l’Assemblée de Corse Camille de Rocca Serra, et le Président de l’Office de l’Environnement Jérôme Polvérini, les accusant de mettre à profit le PADDUC pour valoriser leur patrimoine.
En contrepoint, la Presse écrite et radio télévisée s’est dans l’ensemble contentée de rapporter les débats sans trop s’engager dans le commentaire.
L’intrusion brutale des nouveaux médias et leur impact sur l’opinion publique sont déstabilisants pour  une classe politique, plus habituée à une certaine docilité de la Presse traditionnelle en Corse comme dans l’ensemble du Pays.
Par définition plus indépendante des pouvoirs publics et de la finance, c’est une presse incisive, ou domine le journalisme d’investigation, dont elle reflète les qualités comme les excès.
Reste qu’il est de mon point de vue contre productif qu’une assemblée politique s’en prenne aux médias. J’ai moi même été violemment pris à partie par la presse nationaliste, le Ribombu en particulier, lorsque j’étais en 1984 Vice Président de la première Assemblée de Corse chargé des finances, au sujet de l’affaire dite de “la Mutuelle des Motards”.
J’ai répondu une fois, et une fois seulement, à ces attaques à la télévision régionale, et je me suis expliqué d’homme à homme avec l’auteur de l’article.
Jamais au grand jamais, en tout cas, il ne me serait venu à l’idée d’appeler à la rescousse mes collègues de l’Assemblée, ni de leur demander de voter une motion me soutenant et condamnant ces attaques.
Il faut noter que les élus ont d’ailleurs esquivé la proposition de vote de la motion qui leur était proposée par Mr Mondoloni…
Quand on est un homme public, on s’expose à la critique, et souvent à la calomnie. Si on veut s’y soustraire on reste à la maison. “l’honori sò castigui” disait mon grand père, et il avait raison…Mon père ajoutait souvent ” on ne jette des pierres qu’aux arbres qui portent des fruits..“.
En cette période de Noël, j’offre ces petites maximes à la méditation de nos élus térritoriaux…
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NOËL AU BRESIL AVEC SARKO ?
22 décembre 2008 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, International, Introduction
Je l’apprends à l’instant: Sarkozy va passer Noël au Brésil, sans doute à Rio de Janeiro…Nous serons donc en même temps au Brésil. Naturellement pas au même endroit: je serai pour ma part sur la plage de Jureïa quelque part au sud de Saö paulo, et lui probablement dans une des luxueuses résidences de la famille Bruni Tedeschi.
Je n’ai pas voté pour lui, et je ne le voterai pas non plus en 2012. je n’apprecie pas plus aujourd’hui son bilan, ni ses méthodes, que je n’appréciais son programme présidentiel. Et, de toute façon, l’homme, qui n’est pas dépourvu de qualités, est décidemment trop agité pour moi…
Ce qui se passe aujourd’hui au Parlement en est la parfaite ilustration. L’inextinguible soif d’action de cet homme est sidérante: on a parfois l’impression qu’il éprouve une véritable angoisse dès qu’il ne se passe pas dans notre pays quelque chose dont il est à l’origine…La belle énergie qu’il manifeste devient inquiétante quand elle tourne à la frénésie.
Je me réjouis naturellement de cette visite au Brésil, puissance émergente de première importance, qui représente aujourd’hui un sud américain sur deux, et qui, après des années de dictature militaire est enfin sorti de son isolement pour prendre se juste place parmi les grandes nations.
La France appuie sa candidature au Conseil de Sécurité, et se trouve très souvent à ses cotés dans les négociations avec l’OMC.Â
La coopération franco brésilienne a pris ces dernières années un nouveau tour, incontestablement positif, et l’amitié franco-brésilienne se porte bien.
L’Union Européenne représente plus de 25 % des exportations du Brésil, raison de plus pour que cette coopération se renforce et tant mieux si cette coopération renforcée se réalise sous l’égide de Nicolas Sarkozy, Président en exercice de l’UE.
Clémenceau avait emmené, et 1912 une mission parlementaire française au Brésil. Rapportant ses travaux devant le Parlement, et n’ayant visiblement pas bien compris ce pays, il avait employé à la fin de son discours une  de ces phrases caustiques dont il avait le secret: “ le Brésil est un pays d’avenir, et il le restera.”
Je suis très heureux que ce jugement hatif se trouve aujourd’hui démenti avec le déplacement d’un Président Français.
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L’OR NOIR DE MINAS GERAIS
18 décembre 2008 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, International, Introduction, Société
L’Etat de Minas Gerais, à l’intérieur du Brésil, est probablement moins connu en Europe que celui de Saõ Paulo ou celui de de Rio de Janeiro.
C’est pourtant là , peut être plus qu’ailleurs, que s’est forgée une grande partie de l’identité de ce pays continent qui n’a sans doute pas fini de nous étonner.
Etat minier il a connu un extraordinaire pic de prospérité au XVIIIème siècle lorsque la découverte de l’or a provoqué une des plus extraordinaires ruées vers l’or que le continent américain ait connu.
Des villes champignons ont alors émergé dans le sertaõ brésilien le plus sauvage, et des milliers d’hommes ont tout abandonné pris par la fièvre du métal jaune pour affronter la jungle le la Mata Atlantica, les fièvres, les betes sauvages et les indiens, dans l’espoir d’amasser la fortune de leurs rêves les plus fous.
Véritable folie en effet qui a conduit nombre de ces communautés a mourir de faim a coté de leur sac de poudre d’or, faute d’avoir pris le temps de cultiver assez de manioc ou de maïs pour assurer leur subsistance!
Sombre entreprise qui a occasionné la mort de milliers d’esclaves arrachés à l’Afrique pour aller s’enterrer vivants au fond des mines ou, après 15 heures de travail par jour, ils mourraient comme les mouches avant d’avoir atteint 30 ans.
Ouro Preto, Or Noir en portuguais, ancienne capitale de l’Etat, est le témoin saisissant de cette période . Les mines d’or ont désormais fermé, et les descendants des esclaves s’improvisent guides pour les faire visiter aux touristes venus des quatre coins du monde.
Ville témoin d’un passé étrange et tumultueux, classée au patrimoine mondial de l’humanité de l’UNESCO, elle dresse sur ses collines ruisselantes de végétation les orgueilleuses façades des églises baroques fondées par les riches confréries qui s’en disputaient le contrôle. Ville ou le temps s’est comme figé, ou les maisons basses aux couleurs vives et  aux magnifiques balcons en bois ou fer forgé évoquent le Portugal, Ville témoin du passé  mais grouillant de vie et accueillante aux visiteurs.
Plus de 1 500 000 tonnes d’Or ont été, entre 1680 et 1750 extraites des mines voisines et envoyées a travers 600 kms de jungle vers les ports de Paraty et de Rio de Janeiro pour etre expédiées au Portugal.
Que de souffrances pour parer les épaules des belles portugaises , assouvir l’appetit de puissance des Rois du Portugal et la convoitise des marchands.
Reste, comme toujours dans l’histoire de l’humanite, cette ville étonnante et magnifique, que le génie des hommes  a élevé sur la souffrance des autres, et qui ne peut laisser personne indifférent.
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VU DE SAÕ PAULO
13 décembre 2008 par Vincent CARLOTTI
Présent dans A la Une, International, Introduction
Je séjourne au Brésil depuis le 5 Décembre et je rentrerai en Corse le 5 janvier. Cet immense et superbe pays de 8 600 000 Km2 soit plus de 25 fois la France est une fantastique terre de contrastes: ainsi, l’Etat de Saõ Paulo, l’un des 25 Etats de la République Fédérale du Brésil représente-t-il, avec ses 45 000 000 d’habitants près de 25% de la population Brésilienne et concentre-t-il  plus de 60% de la richesse du Pays. La ville de Saõ Paulo en est la capitale: plus de 11 000 000 d’habitants ou voisinent les tours orgueuilleuses du nouveau Brésil et les favellas ou règnent misère et violence.
Ici aussi la crise est présente et alimente les conversations, même si le Brésil avec son marché intérieur de plus de 200 000 000 d’habitants espère s’en tirer mieux que d’autres. Les exportations souffrent cependant dès lors que se pricipaux clients, Etats Unis, Union Européenne et Chine connaissent des problèmes.
La prodigieuse vitalité des brésiliens et leur optimisme naturel les portent cependant à ne pas sur estimer les conséquences de la crise sans pour autant les sous estimer. Disposant de richesses naturelles importantes, d’un territoire immense et surtout d’une population jeune, importante et riche de ses diversités, le Brésil posède des atouts dont nous sommes aujourd’hui dépourvus en Europe.
Le News brésilien EXAME, dans son exemplaire de Décembre 2008 titre, en page de garde, sous le portrait de Bernard ARNAULT, PDG du groupe LVMH : U luxo descobre o Brasil, le luxe découvre le Brésil, et explique que devant la crise qui frappe les pays développés, les entreprises et services de luxe ont fait du Brésil une de leurs priorités..
Vue de Saõ Paulo la crise a des couleurs tropicales qui ne semblent pas affecter les brésiliens. Vu de Saõ Paulo les problèmes qui attendent la France semblent autrement preoccupants, et les évènements qui secouent la Grèce sonnent comme un avertissement pour ceux qui se refusent encore à mesurer les conséquences des inégalités qui se sont creusées ces vingt dernières années dans notre pays.
Vu de Saõ Paulo, ou les élections présidentielles brésiliennes se profilent à l’horizon de Novembre 2010, les querelles qui agitent les milieux politiques français ont, quant à elles, un petit quelque chose de dérisoire…Â
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