Ma part de vérité - Edition du Mardi 07/02/2012

LES ARROSEURS ARROSES

26 août 2008 par vincent carlotti  
Appartient à International

L’Union Européenne s’est à juste titre élevée contre la décision de Moscou de reconnaitre l’indépendance de l’Ossétie et de l’Abkazie. Elle s’en est tout aussi légitimement inquiétée. Reste que elle n’est pas particulièrement bien placée en l’espèce pour s’indigner de la décision Russe de porter atteinte à l’intégrité territoriale de la Géorgie. Elle  aurait été bien inspirée d’y songer   plus tôt.


En effet, il n’y a pas si longtemps, et malgré les avertissements éclairés des observateurs avertis, les mêmes se sont sans états d’âme prononcés pour l’indépendance du Kosovo , à commencer par la France, jamais en retard d’un soutien à un Président Bush acharné à humilier la Russie. L’Espagne seule, a refuser de cautionner cette décision pour le moins imprudente et s’en félicite aujourd’hui. 

Présidente de l’Union européenne, la France condamne fermement cette décision, ce dont les dirigeants Russes n’ont visiblement rien à faire. La gifle est sonore pour un Nicolas Sarkozy qui était monté en frétillant en première ligne, le 12 août, proposant sa médiation à Moscou et à Tbilissi.

Le chef de l’Etat français, aveuglé comme toujours par sa suffisance, assurait alors vouloir avancer à petits pas  : d’abord le cessez-le-feu, ensuite le respect de l’intégrité de la Géorgie sur la base  d’une résolution de l’ONU.

C’est ainsi que le  principe du respect de l’intégrité territoriale de la Géorgie,  est passé à la trappe, ce qui a laissé aux locataires du Kremlin tout la liberté de mettre au point leur mauvais coup: il faut dire que le fantasque Président de la Georgie y a mis du sien en fournissant aux Russes une superbe occasion de le mettre au pas et de rappeler aux alliés de Washington qu’il faudra compter sur eux sur un certain nombre de terrains ou ils ne les attendaient plus.

Sarkozy avait il y a quelques jours flétri l’amateurisme des généraux de l’armée de terre: il vient de démontrer qu’en politique étrangère, face à la bande à Poutine, il ne valait pas un clou, ce qui promet à la France des lendemains difficiles.

la convocation d’urgence d’un sommet européen masquera sans doute la piteuse déconvenue de notre omni-Président, toujours aussi avare de manifestations d’auto critique, sur le terrain diplomatique, pour peu qu’il obtienne de nos partenaires européens une décision unanime et concrète. Rien n’est cependant moins sûr: Gazoprom dont le Président Russe est l’ancien patron veille au grain.. Mais bon, quelques roulements d’épaules assortis de fortes paroles n’engagent à rien n’est ce pas? Et puis, business is business non….

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