Ma part de vérité - Edition du Jeudi 09/09/2010

LE NOUVEL ORDRE MONDIAL

11 août 2008 par vincent carlotti  
Appartient à International

La Chine a bien commencé les jeux: elle offre au monde entier un spectacle époustouflant, elle est à ce jour en tête pour le nombre de médailles, sa puissance s’affiche aujourd’hui avec éclat. Quels que soient  les secteurs, sportif, industriel, commercial, politique ou diplomatique, la Chine est au centre du jeu;  incontournable elle étale sa force tranquille sans plus se soucier de l’opinion mondiale.
En face, une Amérique considérablement affaiblie par la calamiteuse Présidence BUSH et une Europe inéxistante, insignifiante en un mot comme un seul hors jeu. La France, quant à elle, n’est jamais qu’à l’image de ses sportifs encaissant défaite sur défaite, pour ne pas dire humiliation sur humiliation, ou de son Président avalant couleuvre sur couleuvre, réalisant  à ses dépens, que son  arrogance n’est plus de mise dans un monde qui bascule chaque jour un peu plus sur un axe qui nous ignore superbement..

 




Après la disparition de l’Union soviétique, comme le souhaitait bruyamment la France, le monde est devenu multipolaire : le Brésil, la Russie, l’Inde la Chine sont aujourd’hui le pivot autour duquel s’organise un autre ordre économique et sans doute bientôt diplomatique et politique. Les  Fonds souverains des Etats pétroliers règnent sur le système financier international,  pendant que ce qu’il faut bien se résoudre à appeler ” les anciens pays industrialisés”  essayent tant bien que mal de gérer leur déclin en bon ordre.

Les démocraties avaient  rêvé à la chute du Mur de Berlin: elles imaginaient que ce cataclysme accoucherait  d’une démocratie libérale triomphant sur tous les continents . Eh bien non, décidément non!  C’est sur la base  de dictatures, qui s’assument résolument et  portent même comme un ostensoir le caractère autoritaire de leurs régimes que s’est réalisé le rêve des démocraties, avant qu’il ne tourne pour elles au cauchemar. 

Les altermondialistes, eux aussi avaient rêvé  d’un modèle alternatif: il est clair en tout cas que ce ne sera pas celui de la Chine, premier bénéficiare de la mondialisation libérale , dont le régime qui n’a plus de communiste que le nom,  entend poursuivre sur le chemin qui lui a si bien profité. Ses dirigeants sont soutenus dans cette politique  par une classe moyenne qui se vautre dans la consommation, après des decennies de privations , et qui n’a pas surtout pas envie de voir ses avantages étendus aux dizaines de millions d’autres qui en sont privés.

Sentiment de puissance nourri par la faiblesse des démocraties soumises aux intêrets des principaux bénéficiaires des échanges commerciaux avec le plus grand marché au monde, nationalisme à fleur de peau d’une société humiliée trop longtemps par l’arrogance occidentale, régime autoritaire qui a gardé du communisme le souci de ne rien ceder du pouvoir de ses dirigeants, et société civile inexistante : il y a là tous les éléments d’un troublant et inquiétant cocktail pour les témoins silencieux, résignés et passifs, du triomphe de la Chine, que sont les dirigeants occidentaux.

Après la fête des jeux viendra très vite le temps de regarder l’avenir en face, et il y a fort à parier que ce sera moins drôle car le dragon chinois a bien l’intention d’écrire sa partition et non de danser sur la musique des  anciennes puissances.

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