EUROPE:LES IRLANDAIS BOTTENT EN TOUCHE
14 juin 2008 par vincent carlotti
Appartient à Europe
Ainsi, comme il était prévisible le peuple Irlandais s’est prononcé nettement contre le traité de Lisbonne. Cela va sans doute irriter une fois encore les beaux esprits qui s’étaient exprimés lors du vote massif des français contre le projet de “constitution”, à moins que cette fois, ils se posent enfin les bonnes questions.
Que les choses soient claires, quand le peuple se prononce il convient d’abord de s’incliner devant sa décision car il est, en démocratie, souverain: reste qu’il peut se aussi tromper. Si le suffrage universel est un acquis fondamental de nos démocraties avançées, il n’en a pas moins produit un certain nombre de ratés plus ou moins catastrophiques, depuis l’élection d’Adolphe HITLER à la Chancellerie en 1938, jusqu’à la réélection de l’innéfable BERLUSCONI en Italie ou plus près de nous celle des époux BALKANY à Levallois Perret …
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Si l’Union Européenne est aujourd’hui dans l’impasse ce n’est cependant pas la faute des irlandaises et des irlandais qui ne sont montrés en l’occurence ni plus ni moins ingrats que tous les peuples du Monde.
Si l’Union Européenne est dans les choux, c’est d’abord la faute à celles et à ceux qui se sont montrés jusqu’à aujourd’hui incapables de forger une conscience européenne qui soit partagée par les peuples qui la composent. Afférés à mettre en place l’Europe des marchands et des banquiers, ils n’en avaient sans doute pas le temps…
Une bonne façon aurait été, par exemple, de soumettre l’approbation du traité de Lisbonne le même jour, selon les mêmes modalités, à l’ensemble des 500 millions d’Européens, de manière à ce qu’ils puissent ressentir, ensemble et en même temps, l’importance de leur rôle dans le processus de construction de l’Europe.
On a au lieu de cela saucissonné le processus d’approbation qui se déroule comme un long supplice jusqu’à ce que personne ne sache plus bien ou il en est, avec le résultat que l’on connait. On peut compter sur tout ce que l’Union compte de technocrates pour nous concocter dans les mois à venir quelque combinaison plus ou moins abracadabrante pour bricoler un édifice de mois en mois crédible ou le mot UNION n’est plus que le cache misère d’un édifice ruiné.
J’ai voté pour ma part NON lorsque la question nous a été posée en France, parceque je n’accepte plus ces lamentables compromis de marchands de tapis destinés plus à préserver le grand marché européen qu’à construire un espace politique à la hauteur des défis qui sont devant nous.
Il est clair aujourd’hui que rien de solide ne peut être construit à 27 et comme il est envisagé à 28 ou 30 demain. Ceux qui ont voulu aller plus vite que la musique en passant sans consolider l’existant de 15 à 27, poussés par l’unique souci de l’élargir, en portent la responsabilité.
L’Europe ne peut plus avancer ainsi, chacun il faut l’espérer en prendra aujourd’hui la mesure. Peut être est il encore temps de travailler à la constitution, à l’intérieur de cet espace, d’un noyau dur d’Etats responsables décidés à tracer la route.
Pourquoi par exemple, à l’instar de ce qui a été réalisé entre la France et l’Allemagne en matière de Défense avec le corps d’Armée franco allemand, ne pas envisager qu’un certain nombre d’ambassades deviennent aussi franco allemandes aussi, afin de pratiquer, sur un certain nombre de terrains de politique étrangère ce qui s’avère impossible au niveau des 27 ?
Quant à notre hyper Président, il a comme d’habitude mis la charrue avant les boeufs en s’autoproclamant avant l’heure sauveur de la construction européenne: il a là une excellente occasion de mettre à l’épreuve son fameux pragmatisme, à moins qu’emporté par son tempérament, il ne complique encore un peu plus une situation qui n’en a pas besoin.


Georges on sam, 14th juin 2008 17:04
Bien joué les irlandais! Ils ont vengé les peuples privés de referendum par leurs dirigeants.