Ma part de vérité - Edition du Mardi 07/02/2012

FINANCE FOLLE OU RAPACE ET CRIMINELLE ?

23 mai 2008 par vincent carlotti  
Appartient à Economie

Un certain nombre de personnalités venues du monde de l’économie ou de la politique ont publié, dans Le Monde du 22 Mai 2008, une tribune libre sous le titre La finance folle ne doit pas gouverner le monde.
Le cri d’alarme qu’ils lancent ainsi est révélateur d’une situation bien plus alarmante que ne le confessent les excellences qui professent une confiance absolue dans la capacité du capitalisme à s’auto-réguler.

J’ai, déclarait récemment notre hyper président, confiance dans le capitalisme. Que ne l’a-t-il claironné pendant la campagne électorale à ceux qui, dans les milieux populaires se sont laissé berner par ses accents de bateleur, que la fréquentation de son ami Bigard lui a sans doute inspirés


Les grandes banques, comme les officines opaques qui fabriquent avec du vent des produits financiers qui alimentent la spéculation, ont allumé une véritable bombe.

Les  économistes libéraux ont de plus en plus de mal à défendre un système qui a creusé, dans les pays développés, des inégalités de plus en plus scandaleuses.
Sans aucune pudeur, une poignée de spéculateurs, non contents d’avoir ainsi déchainé une tempête aux effets dévastateurs, se détournent des créances pourries qu’ils ont multiplié, pour spéculer sur les denrées alimentaires, contribuant ainsi à répandre la famine et multiplier les foyers de guerre sur la planète.

Ces gens là ne reculent devant aucune entreprise criminelle pour apaiser leur soif inextinguible d’argent. Le Milliardaire américain Warren BUFFET, deuxième fortune US derrière Bill GATES qualifiait en 2003 les produits dérivés d’armes financières de destruction massive.

Nous allons nous retrouver rapidement confrontés à une explosion sans précédent de la misère, à la multiplication d’Etats en faillite, à une recrudescence jamais vue de migrations de populations poussées par le désespoir, et à la multiplication des conflits armés.
Face à ce défi, la responsabilité de la gauche française et européenne est particulièrement importante, et celle du PS considérable. Le moins que l’on puisse dire est qu’il y a loin de la coupe aux lèvres.

Abimés dans des querelles subalternes, en proie à la guerre picrocholine de leaders autoproclamés abimés dans la contemplation de leur nombril, ils offrent aujourd’hui à nos concitoyens un spectacle lamentable.

Ils prennent ainsi le risque de ne pas revenir de sitôt au pouvoir, ce qui au fond n’a pas une importance considérable du moment qu’ils n’ont apparemment rien  d’autre à proposer face à la politique actuelle.

Ce qui est plus grave c’est  que, la nature ayant horreur du vide, le vide politique dont ils se rendent ainsi responsables  pourrait se trouver comblé, au fur et à mesure que la crise se développera, par lune vague populiste et nationaliste dont la gestion calamiteuse du FN par  Le PEN ne doit pas masquer la fatale renaissance.

Muette, en coma dépassé, incapable de concevoir et d’articuler une politique alternative qui soit, à moyen comme a long terme considérée comme crédible, la gauche finira par n’être rien d’autre que le faire valoir d’une droite conquérante.

Quant au PS, ravagé par la pensée molle qu’il a baptisée synthèse, ce ne sont pas les proclamations libérales de Bertrand DELANOË qui le rendront plus lisible à son électorat: elles feront certes les délices de ceux qui se réjouissent que les socialistes aient enfin rejoint la cohorte de ceux qui ont proclamé la fin  de l’histoire, mais désesperera ceux qui souffrent et peinent aujourd’hui à donner un sens à leur vie, réduite par le système à sa dimension consommatrice.

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