Ma part de vérité - Edition du Mardi 07/02/2012

CHINE: LE GRAND ECART DU FUNAMBULE

20 avril 2008 par vincent carlotti  
Appartient à International

La politique étrangère est un exercice difficile qui s’apparente à celui du funambule qui se déplace sur son fil à 25 mètres de hauteur et sans filet. Le funambule que les français se sont donnés pour cinq ans est en train de l’apprendre à ses dépends, ou plutôt à nos dépends.
S’il n’a pas encore tout à fait compris que la campagne électorale est terminée depuis longtemps les Chinois sont en train de le lui rappeler durement en attendant de nous présenter l’addition.


La question est pourtant simple. La France peut elle continuer à faire la leçon à la moitié de la planète et faire en même temps des affaires avec des régimes corrompus comme en Afrique ou des dictatures comme en Chine ou en Birmanie ?

 

Clairement la réponse est non. Cela ne signifie pas que notre pays, toute honte bue doive renoncer à ce qu’il représente pour beaucoup de peuples qui souffrent de ces régimes pas plus qu’il ne doive se renier, naturellement. Cela signifie plus simplement qu’il doit prendre l’exacte mesure de ce qu’il représente aujourd’hui dans le concert des Nations, et évite autant que possible de se mettre dans des situations inextricables comme aujourd’hui avec la Chine.

D’autant que , franchement, nous n’avons pas le nez assez propre pour faire la leçon à quiconque. Quelles que puissent être les turpitudes que l’on est en droit de reprocher aux uns et aux autres. Quand on accepte qu’un froncement de sourcils d’Omar BONGO, Président de la République bannanière du Gabon suffit pour obtenir la tête du Ministre de la Coopération, il n’y a plus grand chose à dire, ni à espérer..

Pour ce qui concerne les affaires  thébétaines, que les Chinois considèrent comme des affaires intérieures, les choses sont encore plus génantes. Imaginons que les dirigeants chinois invitent Mr TALAMONI, leader des indépendantistes Corses, lui réservent un accueil digne du chef d’un petit Etat en devenir, et l’écoutent religieusement exposer les misères que selon lui la France éternelle fait subir au peuple Corse.

On imagine les cris d’indignation de notre sémillant Ministre des Affaires Etrangères et de la presque totalité de la classe politique française à l’exception de ceux qui souhaitent depuis longtemps que la France se débarrasse de la Corse.

Et pourtant, il nous faut avoir l’humilité de reconnaitre qu’ils seraient légitimement fondés à le faire, en représailles de notre position sur “l’affaire intérieure thibétaine” ! Sans compter qu’ils pourraient financer, ils en ont les moyens, l’ensemble des mouvements de nature à créer des difficultés au gouvernement français en Corse comme d’ailleurs  au Pays Basque.

L’affaire des J.O et du lamentable simulacre de boycott est révélatrice des difficultés des occidentaux a affronter la réalité chinoise. Persuadés que le commerce et les échanges en favorisant le développement devaient inéxorablement conduire la Chine à la démocratie les responsables politiques se sont engagés à fond dans cette politique qui avait en outre le mérite d’enrichir un peu plus les multinationales contrôlées par leurs amis.

Le problème est que les Chinois ont prouvé qu’il existe un modèle alternatif au modèle occidental “business & démocratie” , le modèle ” business et dictature” dont les performances économiques sont impressionnantes et que les classes moyennes dont il favorise l’enrichissement soutiennent sans réserve au lieu de se révolter comme l’imaginaient nos apprentis sorciers. Modèle qui, n’en doutons pas, commence à inspirer ailleurs  un quarteron de tyrans et d’apprentis dictateurs..

Ils n’ont en conséquence rien à cirer des états d’âme de nos dirigeants sachant par ailleurs pertinemment que de toute manière ils finiront par manger leur chapeau en signant les juteux contrats qui les attendent.

Dangereuse imprévoyance, comme celle qui a consisté à sous estimer , sinon à ignorer complètement  que ces performances impressionnantes entraineraient une élévation globale du niveau de vie de ces classes moyennes, responsable de l’explosion du prix des matières premières et des denrées alimentaires, annonçant de graves crises politiques dans les zones les plus défavorisées de la planète avant qu’elles ne contaminent nos régions.

Dangereuse incompétence comme celle de notre sémillant Président qui milite pour la libéralisation du commerce des armes avec la Chine, comme si aujourd’hui l’urgence planétaire commandait d’armer la plus dangereuse dictature militaire du Monde.

Lénine, parlant des relations commerciales des Soviets avec les puissances occidentales, disait à ceux de ses camarades qui s’en offusquaient ” laissez..vous verrez..ils finiront par nous vendre la corde avec laquelle on les pendra”.  On y est non ?

Commentaires

Un commentaire on "CHINE: LE GRAND ECART DU FUNAMBULE"

  1. Joachim on ven, 25th avr 2008 0:24 

    Talamoni à Pékin! sur que ça serait plutôt drole! Quand on voit les contorsions de notre Président pour se refaire une santé pékinoise il y a vraiment de quoi pleurer plutot …

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