Ma part de vérité - Edition du Mercredi 08/09/2010

L’arroseur arrosé

11 décembre 2007 par vincent carlotti  
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Notre omni Président, c’est bien connu, ne peut pas rester une minute en place, et on peut compter sur lui pour multiplier les initiatives et s’escrimer à ne rien faire comme les autres: il appelle ça "La Rupture". La planète entière ne considère pas Khadafi comme fréquentable? Soit, on va donc l’inviter chez nous, le recevoir avec les honneurs, lui vendre toutes les armes qu’il voudra bien nous acheter, et lui fournir des centrales nucléaires.


Le problème avec Kadhafi, outre qu’il s’agit de l’un des dictateurs les plus impitoyables encore en exercice, ce dont notre Président se contre-fiche royalement, c’est qu’il est totalement imprévisible et parfaitement incontrôlable.

Sarkozy prétend avoir évoqué avec lui la question des droits de l’homme en Lybie et lui avoir demandé de les faire avancer ? Pas du tout répond effrontément l’ineffable guide suprême de la Jamayria  Lybienne, nous n’en avons pas parlé du tout !

Poussant plus loin la provocation, il évoque longuement devant un aréopage réuni à l’UNESCO la question des droit des immigrés en Europe: "Avant de parler des droits de l’homme, il faut vérifier que les immigrés bénéficient chez vous de ces droits", a-t-il déclaré, selon la traduction en français de son discours prononcé en arabe. "Nous sommes dans le pays qui parle des droits de l’Homme. Y-a-t-il certains de vos droits qui ne sont pas appliqués?", a il demandé, en s’adressant à ses "frères africains immigrés" présents dans le grand amphithéâtre du siège de l’Unesco. "Nous sommes l’objet d’injustices. Notre continent a été colonisé, nous avons été réduits en esclavage, déplacés dans des navires comme du bétail. Aujourd’hui nous travaillons dans le bâtiment, dans la construction de routes (…). Après tout cela, nous sommes envoyés dans les banlieues et nos droits sont violés par les forces de police", a ajouté le colonel Kadhafi.

Quoique l’on puisse penser de Kadhafi, il faut lui reconnaitre un certain panache pour avoir eu le culot d’évoquer aussi crument les crimes de la colonisation et le traitement infligé aux travailleurs immigrés en Europe, à peine débarqué dans le pays qui le recevait en grande pompe. Surtout si on pense à la danse du ventre à laquelle s’est livré notre Super Président à Tripoli pour avoir l’honneur de ramener en France les malheureuses infirmières bulgares torturées et violées par les seides du Colonel pendant huit longues années et ramener quelques juteux autant que douteux contrats de ventes d’armes pour notre complexe militaro industriel.

Au fond, il n’a fait que traiter notre Pays comme il le mérite: les principes disait Clémenceau, c’est comme les baïonnettes, on peut tout faire avec, sauf s’asseoir dessus… Au fait, Nicolas, ça ne fait pas trop mal ?

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