Ma part de vérité - Edition du Mardi 07/02/2012

Sarko show: Sarkozy et l’exception Corse

2 novembre 2007 par vincent carlotti  
Appartient à Corse, Politique

Le SARKOSHOW est donc passé à Ajaccio, et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’est pas passé inaperçu.. Un déploiement policier extraordinaire, digne, comme l’a souligné la presse nationale d’un G8 sous tension, des controles policiers que la population d’Ajaccio n’avait pas connu depuis l’occupation italienne, une quinzaine de Ministres qui s’enferment à la Préfecture pour délibérer puis s’engouffrent comme des voleurs dans leurs limousines et s’envolent vers Paris:  c’est à peu près tout ce qu’en retiendront les Ajacciens…

Pour un peu on se serait cru en campagne électorale : le temps n’est pas très éloigné ou il faudra peut être siffler la fin de la récré…


Pour le reste il faudra repasser, car le bilan politique de ce déploiement de force et de faste, dont le coût a probablement dépassé les 150 000 €, est plutot ambigu, pour ne pas dire plus.

 

Comme je l’imaginais, le Président ne reviendra pas sur la réforme de la carte administrative. C’est son droit, et je ne le contesterai pas. Ce que je trouve par contre éminement contestable c’est la raison invoquée pour cela. Le peuple souverain aurait donc tranché, et il n’y a donc pas lieu d’y revenir… Tiens donc Monsieur le Président, il me semblait que le Peuple Français avait rejeté le texte de la constitution européenne, et cela ne vous a pas empêché d’y revenir, et de la pire des façons puisque vous avez choisi pour cela la voie parlementaire.

Il y aurait donc deux poids, deux mesures: à moins que Sarkozy n’aie voulu clairement indiquer à la classe politique Corse que sa volonté de “rupture” affirmée au plan national pouvait inquiéter, qu’elle n’avait aucun souci à se faire.
La rupture c’est bien pour le Continent:  ici, on continue comme avant, et tant pis si la Corse s’enfonce dans dans l’ornière, elle n’avait qu’à voter OUI.

Pour ceux qui seraient enclins à en douter, il suffit de se rappeler la petite phrase du Président sur les emplois publics. En Corse ce ne sont pas les emplois publics qui sont trop nombreux, ce sont les emplois privés qui ne le sont pas assez. Jolie formule à l’emporte pièce, dont raffole notre Président, et particulièrement perverse lorsqu’elle apparait comme un encouragement à perpetuer l’artisanat sur fonds publics.

La cure d’amaigrisement de l’Etat et des emplois publics, c’est bon pour le Continent: ici on peut continuer à embaucher, voire à sur-embaucher quitte à asphyxier les collectivités locales et à reduire comme peau de chagrin les investissements dont la Corse a cruellement besoin.

Peremptoire, comme à son habitude, le voilà qui claironne que notre île a réussi son décollage économique. Il n’avait sans doute pas pris connaissance des dernières statistiques nationales de l’INSEE qui rapportent qu’en Corse, 19% de la population, soit 49 900 personnes vivent au dessous du seuil de pauvreté.

Sans doute n’avait il pas noté non plus que pour ce qui concerne la pauvreté des enfants et des personnes agées la Corse est classée bonne dernière sur le plan national. Il est vrai que les amis qu’il fréquente dans l’île ne barbottent pas dans ces eaux là…

En définitive le seul point d’accord que j’ai pu trouver avec lui concerne l’agriculture. En Corse, a-t-il déclaré, la question agricole est règlée: il a raison, elle est effectivement règlée:  il n’y a plus hélas, d’agriculture en Corse.

Le Produit Brut agricole représente moins de 2% de la richesse produite en Corse, ce qui constitue, pour les économistes le seuil à partir duquel on considère qu’il n’y a plus lieu de parler d’activité économique.

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