Questions à Nicolas SARKOZY
28 octobre 2007 par vincent carlotti
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Le Président de la République a décidé de délocaliser à Ajaccio le prochain Conseil des Ministres, ce qui est au demeurant une bonne chose nonobstant le coût de l’opération bien entendu . Reste que sur ce plan, les hoteliers et restaurateurs ajacciens profiteront sans doute d’un afflux de population inespéré en arrière saison.
Nul doute que les Corses réserveront au Président de la République le meilleur accueil comme ils ont toujours bien accueilli le plus haut représentant de l’Etat. Ils ont en outre offert à Nicolas Sarkozy l’un de ses meilleurs scores aux dernières élections présidentielles.
Il n’en a pas toujours été ainsi : ils lui avaient en effet infligé un cinglant camouflet en repoussant le referendum sur la suppression de l’échelon départemental pour lequel il s’était totalement engagé. Il faut dire que ses amis politiques lui avaient savonné la planche pendant que les socialistes et les radicaux de Paul Giaccobbi l’avaient soutenu dans cette importante réforme.
Voici donc Sarkozy à pied d’oeuvre en Corse, disposant de plus de pouvoirs et d’autorité que n’a pu en bénéficier aucun de ses predecesseurs.. Il interviendra dit on devant l’Assemblée de Corse, probablement sans débat comme le commande l’usage il lui sera posé sans doute un certain nombre de questions .
Il en est un certain nombre, dont je pense qu’elles ne seront pas posées, que j’aimerais quant à moi évoquer, dont l’importance me parait capitale pour l’avenir de notre île et qui, théoriquement, n’auraient pas forcement déplu à l’homme qui se veut incarner en tout la rupture.
- Pour ce qui concerne les institutions.
Il semble par contre résolu à ne pas revenir sur son échec au referendum insulaire sur la question de la suppression des Départements, pourtant cruciale pour une bonne gouvernance d’une île empêtrée dans un lacis d’institutions pour la plupart devenues inutiles.
Alors de deux choses l’une: ou bien cette question ne se posait pas vraiment et il ne fallait pas en soumettre l’approbation au peuple, ou bien elle se posait et alors elle continue de se poser, ce dont je suis convaincu, et le Président se doit de la règler rapidement. Il suffit pour cela d’un décret pris en Conseil d’Etat après consultation formelle des deux Conseils Généraux, comme l’avait d’ailleurs fait Jacques Chirac en 1975 pour couper en deux le Département de la Corse !
- Pour ce qui concerne l’évolution de la société corse.
La société Corse est rongée par deux maux dont la gravité ne doit plus échapper à personne: le clientèlisme, que la décentralisation a malheureusement accentué dans des proportions alarmantes, et l’affairisme couplé au grand banditisme qui menace la Corse, gangrène sa jeunesse et corrompt ses élites.
Si le Président de la République a vraiment engagé, au plan national, une rupture avec les politiques précédentes, je ne vois aucune raison que cette orientation ne recoive pas en Corse la prolongation qui s’impose.
Un de mes amis d’Aléria résumait en une phrase terrible la situation, telle qu’il la percevait: " A nous autres Corses il ne reste plus que deux choses: le bulletin de vote et la maison. Pour survivre nous n’avons d’autre alternative que : pour la maison , la louer; et pour le vote, le vendre".
A méditer, Monsieur le Président…


Jerome on jeu, 1st nov 2007 20:35
Après ce que vous avez écrit vous n’avez pas été déçu ! Ce déplacement a atteint le comble du ridicule: un déploiement de forces démentiel dans une ville en état de siège, un discours présidentiel plat sans souffle, une provocation gratuite et mal venue sur les low costs qui en compromet la mise en oeuvre et nous promet des jours agités sur les tarmacs , bref, Sarko s’est montré égal à lui même… Bravo les ajacciens qui lui ont donné une majorité de maréchal….