Ma part de vérité - Edition du Mardi 07/02/2012

En route vers une nouvelle gauche ?

11 août 2007 par vincent carlotti  
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Le Parti socialiste a essuyé, aux présidentielles, une défaite qui, avant d’être électorale est culturelle et idéologique. La droite, décomplexée, disposant d’un candidat assumant clairement sa volonté de rupture, a défait les socialistes, a entrepris de débaucher plusieurs de ses dirigeants et les a laissés désemparés, affublés d’un appareil refusant, lui, d’assumer sa défaite, s’accrochant désespérement à ses certitudes et aux postes de responsabilité, sans projet, sans idées, sans avenir.

En Corse, il y avait de toute façon longtemps que le PS n’existait plus, ou plutot, n’existait plus que par le paquet de cartes d’adhésion sur lesquelles veillent jalousement des dirigeants locaux qui fondent sur elles la seule légitimité qui leur reste , le peuple leur refusant depuis longtemps  la sienne.

Un certain nombre de militants des deux fédérations et de sympathisants socialistes ont décidé de prendre leurs responsabilités et d’entamer le long travail de reconstruction qui s’impose à la gauche dans notre île. Ils se sont réunis le 11 Aout à Corte, au Palazzu Naziunale, pour une première journée de travail et de reflexion.


Comment replacer la Question Corse au cœur des préoccupations de la Gauche en Corse: tel était le thème sur lequel trois intervenants extérieurs étaient invités à s’exprimer devant eux, chacun dans le registre qui était le sien.
                                                                                                                        


Gilles SIMEONI, Sampiero SANGUINETTI et Michel BIGGI

Sampiero SANGUINETTI, journaliste engagé dans toutes les luttes pour la liberté et la qualité de l’information en Corse, a donné son point de vue sur les évolutions de la situation politique insulaire au cours des 20 dernières années. Il a pointé avec beaucoup de pertinence comment la France jacobine, en mettant en avant  la République plus que la Démocratie en Corse, a contribué à renforcer l’emprise des forces conservatrices sur l’Île et a rendu le clientélisme quasiment inexpugnable.


Gilles SIMEONI, dirigeant du PNC, a rappelé que sur le plan des valeurs socialistes et autonomistes ont énormément de points communs et de convergences. Il a rappelé que dans le passé, et encore aujourd’hui, ils se sont a de nombreuses reprises trouvés cote à cote sur le terrain des luttes populaires. Le point de rupture est venu, selon lui, lors de l’assassinat du Préfet ERIGNAC, ou le manichéisme consécutif au traumatisme créé par cette tragédie a repoussés les socialistes dans le camp se réclamant abusivement de la République, tandis que l’ensemble des autonomistes et nationalistes, dans le même sac, était tout aussi abusivement repoussé dans le camp de l’anti-france.


Michel BIGGI, Universitaire, sociologue et économiste a dressé le tableau, illustré par de nombreuses données chiffrés, de la situation économique et sociale de l’Île.  Il a fait en particulier apparaître l’importance et la nature de la précarité dans laquelle se débat une large partie de nos concitoyens, l’importance excessive des transferts d’argent public et la faiblesse préoccupante des activités de production dans notre région, ainsi que l’importance préoccupante de l’économie souterraine, qui échappe à l’impôt et obère ainsi les finances publiques, en même temps qu’elle contribue a déstabiliser le secteur productif qui s’assume de manière citoyenne.


Paul QUASTANA, dirigeant indépendantiste qui était invité à s’exprimer sur la nature des rapports que les indépendantistes et les progressistes pourraient être amenés à entretenir, comme c’est le cas aux Iles Baléares, en Catalogne ou en Polynésie Française, s’est désisté au dernier moment, et s’en est excusé, n’ayant pu se déplacer à la suite d’un problème familial important réclamant sa présence à Ajaccio.

Un large débat s’est instauré après chaque intervention, qui a permis aux participants de confronter leurs analyses à la lumière de l’éclairage qu’apportaient les trois intervenants. Un compte rendu détaillé des interventions de Mrs SANGUINETTI, SIMEONI et BIGGI sera envoyé dans les meilleurs délais aux participants.

Parmi les participants on notait,entre autres, la présence de François PUPONNI, Maire de Sarcelles actuellement en vacances en famille dans son village .

D’une manière générale sont ressorties de cette journée de travail deux préoccupations communes: 

  • Une conscience aiguë des difficultés dans lesquelles est plongée notre île et du caractère parfois irréversible des dégâts dont le constat a été effec
  • La nécessité, pour les participants d’approfondir les discussions et, pour les socialistes attachés a refonder la gauche insulaire à s’organiser, afin de créer les conditions pour qu’une coalition progressiste se dessine, se donne pour objectif d’accéder au pouvoir Régional, et s’affranchisse pour cela des contingences traditionnelles pour s’engager dans une démarche innovante, qui assume l’ensemble des ruptures qui seront, pour y parvenir, indispensables.

On se reverra….

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