Ma part de vérité - Edition du Lundi 06/02/2012

Vu de Saõ Paulo

21 avril 2007 par vincent carlotti  
Appartient à Non classé

Je rentre du Brésil ou j’ai séjourné du 5 au 19 Avril. On ne peut pas dire que les élections françaises passionnent les brésiliens: quelques lignes au bas d’une photo de Ségo ou de Sarko, et fermez le ban.

Volià de quoi recentrer les enjeux. J’imagine mal les bresiliens aussi indifférents aux élections américaines et leurs journeaux aussi peu disserts…

Un homme d’affaires français très important disait un jour, à propos de la tonalité de la campagne électorale française, sa déception de ne pas voir figurer les questions de politique internationale de manière plus importante parmi les thèmes débattus par les candidats.

 Trois villes chinoises, disait il pour illustrer son propos, atteignent chacune 20 000 000  d’habitants. Ensemble elles représentent la population de notre pays: comment ne pas en tenir compte et se hisser à la hauteur des vrais enjeux que nous aurons à affronter demain ?

Il avait raison. La ville de Saõ Paulo compte justement un peu plus de 20 000 000 d’habitants, l’Etat de Saõ Paulo 80 000 000 et le Brésil 240 000 000. Certes les problèmes y sont très complexes: les inégalités y sont vertigineuses, la violence y est prègnante et les immeubles de la Ville sont gardées comme le sont les banques dans notre pays.

Certes les favellas sont là, aux portes de la ville, toujours aussi nombreuses, et les pages des journeaux pleines de récits tumultueux de règlements de comptes entre bandes rivales et d’affaires de corruption associant voyoux, politiciens, hommes d’affaires et parfois magistrats, qui donnent la mesure de l’état de la démocratie dans un pays ou, comme chez nous d’ailleurs, personne n’a vraiment l’air de faire confiance aux politiciens pour résoudre les problèmes.

Mais il y a aussi, en filigranne, l’idée que malgré les difficultés, malgré les handicaps que constituent la misère et l’analphabetisme trop répandu encore, l’avenir est à la portée de la jeunesse et qu’elle doit s’y préparer.

Parfois, dans les conversations, lorsque la comparaison entre la situation de l’Europe et celel du Brésil vient sur le tapis, émerge l’idée qu’au fond c’est l’Europe et non le Brésil qui aura le plus de mal à résoudre les problèmes que lui pose la mondialisation, et qu’elle a le plus grand mal à prendre à bras le corps.

Quand j’observe le champ du politique dans notre pays, et les contradictions que l’Europe doit affronter auxquels elle est mal préparée, je dois dire que je m’interroge aussi, et dans les mêmes termes.

Est il plus difficile de résoudre la question de la pauvreté dans ce pays que de vaincre les égoïsmes nationaux de nos 27 pays de l’Union Européenne lorsque l’on voit  resurgir à chaque détour d’OPA le spectre du " patriotisme industriel".

Je ne sais pas: ce que je sais, par contre, c’est que l’Europe, grande absente de la campagne, a le plus grand interet à se remettre profondément en question, quitte à se reconstruire de l’intérieur à partir de noyaux durs plus vonlontaristes , si elle ne veut pas au fil du temps se trouver sur le ban de touche du match qui s’annonce.

Commentaires

Un commentaire on "Vu de Saõ Paulo"

  1. Jacques on dim, 22nd avr 2007 16:16 

    Si la France regardait moins son nombril, et un peu plus la planète qui l’entoure elle se porterait un peu mieux. Celaz étant bon ne fera pas l’Europe en négligeant les Nations qui la composent: il ne faut jamais insulter l’histoire, prenons garde à ne pas l’oublier

Laissez un commentaire sur ce billet.
Notez vos impressions, vos remarques, ...