On ne touche pas aux institutions de la Corse ?
14 février 2007 par vincent carlotti
Appartient à Non classé
Les parlementaires du PRG en ont fait leur slogan de campagne: on ne touche plus aux institutions de la Corse, un point c’est tout. Dans le cadre des discussions entre socialistes et radicaux ils ont fait adopter leur point de vue pas le PS et, partant, par sa candidate Ségolène Royal.
Avec quelques amis des deux fédérations du PS de Corse j’avais fait savoir à François Hollande qu’il s’agissait là d’une décision inopportune qui pouvait, au cas ou la gauche parviendrait au pouvoir lui lier inutilement les mains. Je n’avais pas imaginé que ce serait le PRG qui donnerait le premier un coup de canif dans le contrat en proposant une modification du dispositif institutionnel de la Corse. Reste égalemment que, au cas ou l’Assemblée Nationale adopterait le texte, ce qui n’est pas exclu, ce serait la première fois qu’une disposition aussi importante soit arrêtée par la représentation nationale sans qu’elle ait sollicité l’avis de l’Assemblée de Corse.
Soit : après tout si le PRG pense que tous les maux de la Corse viennent du fait qu’elle dispose d’un statut particulier qui la distingue ainsi de l’ensemble national, pourquoi pas.. C’est en tout cas son droit.
Mais alors pourquoi le Sénateur de la Corse du Sud Nicolas Alfonsi a t-il déposé au Sénat une proposition de Loi modifiant substantiellement le mode de scrutin présidant à l’élection des Conseillers de Corse ?
S’il ne s’agit pas là d’une modification des institutions de l’Île, auquelles il ne fallait parait il pas toucher, de quoi s’agirait il donc ? Le PRG domine largement la vie politique insulaire, et se partage avec l’UMP l’essentiel des leviers de commande. On peut comprendre qu’il essaye ainsi de se donner les moyens de conquérir la Présidence de l’Exécutif Corse, et qu’il essaye par la même occasion de se débarasser définitivement de ses pauvres alliés socialistes, voire communistes, qui, devenus incapables d’obtenir directement le moindre siège, en seraient réduits à en mendier une poignée de strapontins.
L’une des dispositions du projet de loi est en effet assez vicieuse: seules pourraient fusionner au deuxième tour, les listes qui auraient obtenu plus de 5% des voix au premier ! Ainsi les deux partis dominants sont ils assurés, pour des lustres d’asseoir leur domination sur la vie politique insulaire. Ainsi, si trois listes obtienennt chacune 4,5% des voix et ne peuvent donc fusionenr avec une autre liste, près de 15% des électeurs ne seraient pas représentés à l’Assemblée de Corse.
Il ne resterait ensuite qu’à se partager comme au bon vieux temps les dépouilles de la Corse avec l’UMP, ce vrai faux adversaire avec lequel le PRG a gouverné faut il le rappeler la Corse sous la première présidence de Jean Baggioni.
Les Sénateurs Socialistes Communistes et Verts se sont abstenus , voire ont voté contre ce projet, adopté par la droite et le PRG : vraiment curieux n’est ce pas … On verra ce que la suite nous réserve. On peut être en tout cas assuré que cela ne présage pas grand chose de bon pour cette île ainsi vouée pour de longues années à perpétuer un système qui nous a valu 30 ans de violences et de destructions.


Commentaires
Laissez un commentaire sur ce billet.
Notez vos impressions, vos remarques, ...