La Corse et l’élection présidentielle
28 novembre 2006 par vincent carlotti
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La prochaine élection présidentielle n’est décidement pas ordinaire. D’abord et tout naturellement parceque pour la première fois un grand parti de gouvernement y est représenté par une femme. Ensuite parce qu’à droite comme à gauche elle se présente sous les auspices d’un profond changement de génération. Enfin, vu de Corse, parceque la question corse ne semble pas y avoir sa place, du moins pour le moment.
Depuis quelques années, et singulièrement depuis 1975 ou éclata le drame d’Aléria, la question Corse se retrouve peu ou prou au centre de la campagne présidentielle. En 1981 elle figurait à la 31ème place des 101 propositions de Mitterand; en 1988 elle était évoquée par le même, de même que par les candidats à sa succession en 1995. En 2002 elle a sans doute été l’épine dans le pied de Jospin dans sa quête de l’Elysée dans la mesure ou elle a été le principal facteur déclanchant de la candidature Chevênement.
Rien de tel aujourd’hui. Ségolène Royal a pour le moment fait sienne la position de la direction du PS: on ne touchera pas aux institutions de la Corse si elle est élue. Quant à Sarkozy, après s’être beaucoup agité en Corse, et après y avoir reçu une claque magistrale en 2003 sur la question de l’abandon de l’échelon départemental, on ne l’entend plus, ce qui est, pour ce qui le concerne, un vrai miracle.
Est ce à dire qu’il n’y a plus de problème Corse et que tout le bruit et toute la fureur des trente dernières années ne sont plus qu’un mauvais souvenir ?
Voire.. Rien n’est moins sur. L’île, malgré la sollicitude des différents gouvernements est toujours à la traine, l’agriculture est à l’agonie, le tourisme de masse menace son environnement et son littoral est l’objet des convoitises de groupes affairistes et mafieux, pendant que gagne la paupérisation .
Sous ces cendres couvent les feux, dont le moindre n’est pas celui sur lequel souffle le vent de la spéculation foncière qui dresse inéluctablement une population viscéralement attachée à sa terre contre les spéculateurs et les precipitera plus rapidement que ne le pensent les cercles gouvernementaux et les clans, si l’on n’y prend garde, dans les bras des indépendantistes les plus radicaux.
Gouverner, dit on, c’est prévoir: à Ségolène Royal d’y penser lorsqu’elle aura à effectuer en Corse un prochain déplacement dans le cadre de la campagne électorale. S’il y a un territoire sur lequel la méthode qui l’a rendue si populaire peut avoir les effets les plus positifs, c’est bien cette île ou tout a semble-t-il a été essayé.
Elle a sans aucun doute le talent et la liberté d’en profiter, à condition qu’elle prenne garde à ne pas trop écouter ceux dont, comme le disait recemment Gilles Savary, la pressante affection pourrait l’etouffer.


jacques on sam, 3rd fév 2007 8:42
Si l’on en juge par l’empressement des leaders clanistes à la soutenir, je lui souhaite bien du plaisir !