Ma part de vérité - Edition du Jeudi 09/09/2010

Quand on franchit les bornes…

23 novembre 2006 par vincent carlotti  
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On a beau être prévenu, être né sur cette île et y avoir vécu assez longtemps, on n’en est pas moins parfois estomaqué par le culot d’acier que certains parviennent à manifester publiquement. La situation serait-elle à ce point dégradée que les bornes de la décence auraient sauté?

Quand on a franchi les bornes, il n’y a plus de limite…
(Marcel PAGNOL) .


Prenons par exemple le cas de Madame BOZZI, Maire de Grosseto Prugna. Elue en 2001, le premier magistrat de cette commune a été condamnée en 2003 à 18 mois de prison avec sursis et à 2 ans de privation de droits civiques par le tribunal correctionnel d’Ajaccio pour les faits hautement répréhensibles de proxénétisme.

Après avoir payé sa dette à la société et donc purgé sa peine, elle est réélue en 2005 à une assez large majorité, et pratiquement sans opposition, si l’on excepte bien entendu la mienne à laquelle le quart des électrices et des électeurs ont  apporté leur concours.

Voici que la semaine dernière on apprenait que Madame le Maire était à nouveau condamnée, cette fois pour fraude fiscale, à un an de prison ferme, 10 000 € d’amende, et cinq ans de privation de droits civiques.

Il faut reconnaître que c’est là un sacré palmarès pour un magistrat municipal. N’importe lequel de nos concitoyens aurait présenté sur l’heure sa démission: oui mais  faut pas rêver, Madame BOZZI n’est pas n’importe qui!

On pouvait néanmoins assez légitimement penser qu’elle se bornerait à interjeter appel de ce jugement et à préparer sérieusement sa défense.

Ce sera sans doute pour la prochaine fois : non contente de proclamer son innocence, ce qui est naturellement son droit, voilà que dans la presse locale  Madame le Maire laisse entendre que c’est à  l’action d’un adversaire qu’elle doit sans aucun doute sa condamnation.

Je dois dire que je ne me connaissais pas une si grande influence : les magistrats qui y auraient été sensibles feraient ils partie de ces "juges rouges" pronpts à embastiller les braves gens qui font leurs affaires en toute légalité ?

La réponse à la question qu’elle pose est pourtant très simple: quand on ne veut pas avoir à faire à la justice, on se tient à carreaux. Libre à tout un chacun de sortir du droit chemin, à la condition, élémentaire, d’en assumer les conséquences.

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